CHAPITRE XI
CE CHAPITRE TRAITE DE LA DEESSE DE L’EAU QU’iLS APPELAIENT
Chalchiuhflicue\ c’est une autre jünon.
Cette divinité appelée Chalchiiihtlicue\ déesse de l’eau, était représentée par les indigènes sous les traits d’une femme. On la disait sœur des dieux de la pluie, connus sous le nom de Tlaloque ^ On l’adorait dans la conviction qu’elle régnait sur les eaux de la mer et des rivières avec le pouvoir de faire périr ceux qui s’y embarquaient, de soulever des tempêtes et des tourmentes et de submerger les vaisseaux et toute espèce d’embarcations qui se hasardaient sur les eaux. On faisait à cette déesse une fête appelée elzalqualiztli \ le jour signalé au chapitre vi du livre II, où l’on trouvera tout au long la cérémonie et les sacrifices qu’on célébrait en son honneur. Les dévots à cette déesse qui avaient l’habitude de lui faire des fêtes, étaient les propriétaires qui possédaient des établissements sur les eaux, comme sont ceux qui vont vendre l’eau dans des canoas et ceux aussi qui la détaillent dans de grandes jarres en place publique. Outre les ornements sous lesquels on représentait cette déesse, elle avait une peinture jaune étendue sur la figure; elle portait un collier en pierres précieuses d’où pendait une médaille en or; on lui mettait sur la
1. Serait-ce pour xocuicoltlamatzoalU? de xocuicolli, diminutif xocuicollonlli, marmite, vase de terre, sorte de coquemar, et llamatzoalli, tortille pliée.
2. Ce maïs, ainsi torréfié, puis broyé, servait à composer une boisson appelée izquiatl^ eau de izquitl; du verbe icequi, torréfier, et atl, eau.