ICI LE PÈRE ET LA MÈRE DE LA JEUNE FEMME RÉPONDENT A T.’ORATEUR
Señores, vous nous avez fait grand merci en travaillant pour nous de votre corps et de votre âme, au détriment de vos têtes et de vos estomacs. Plaise à Dieu que la peine que vous avez prise pour nous ne vous cause ni maladie ni indisposition! Vous vous êtes conduits en vrais pères et mères en vous exprimant comme vous l’avez fait, avant que Notre-Seigneur vous ait enlevés de ce monde et que vous ayez laissé le métier d’informer et d’instruire ceux qui ne savent que fort peu de chose. Vous mettez pour nous à profit le temps où vous êtes encore l’ombre et l’appui du peuple, pareils aux arbres appelés pochntl et aueuetl, à l’ombre desquels s’abritent non seulement les hommes, mais encore les animaux. Vous nous favorisez pendant que dure entre vos mains le commandement qui vous vient
HISTOIRE DES CHOSES
de VOS aïeux et que vous portez sur vos épaules comme une lourde charge dont vous avez l’eçu la succession de ceux que Notre-Seigneur a recueillis pour lui-même, nos seigneurs et ancêtres qui sont morts en faisant peser sur vous le lourd gouvernement de l’Etat qui a besoin d’être porté dans les bras comme une mère porte son fds. Nous avons vu et entendu de quelle manière vous avez ouvert les dépôts de votre éloquence et en avez retiré les paroles que nous avons accueillies comme venant de. pères et mères ; car vous les aviez vousmêmes reçues des anciens nos prédécesseurs et nos pères, et vous aviez pris soin de les thésauriser dans votre gorge et dans vos entrailles où elles se trouvaient rangées en ordre comme des vêtements précieux jusqu’au moment où vous venez de les en retirer pour conseiller et instruire vos enfants ici présents, qui ont grand besoin de ces leçons et de cette éducation. Il y a bien des gens de peu de savoir qui ignorent ce qui les intéresse ; ils vivent dans le monde comme des hommes avant de l’être. Comme ils sont nouveaux dans la vie, ils se figurent qu’il y a des plaisirs sans danger et de la sécurité sans tromperie, qu’ils peuvent dormir tranquillement, qu’ils n’ont besoin d’aucune fatigue, ni de chercher Dieu pour qu’il les aide en récompense de l’offrande de leur encens et du soin qu’ils auraient pris de se lever pour balayer. Ils ne pensent à rien de tout cela et le cœur ne leur dit jamais : Que sera-t-il de nous demain ou un autre jour? que fera de nous Notre-Seigneur qui est en tous lieux? Et de cette façon, ils vivent dans l’indifférence ; ils n’ont aucun souci de savoir s’ils seront dignes de jouir d’un don de Dieu semblable à celui qui n’est en ce moment que comme un songe; car telle est encore, en effet, pour nous la grossesse de cette jeune mariée. C’est à ce propos que vous lui avez parlé et dit des choses merveilleuses sur tout ce qu’il lui importe de connaître, sans rien oublier. Ce ne sont pas seulement ces jeunes gens qui ont entendu vos conseils ; nous avons, nous-mêmes qui sommes vieux, reçu de votre bouche les anciens avertissements de nos pères et mères. Vous nous avez instruits comme vos propres enfants. Nous tenons vos paroles en grand’merci et les considérons comme un bienfait. Nous garderons vos merveilleuses observations de la même manière qu’on saisit et qu’on retient avec soin des conseils paternels, et les vôtres ont bien eu ce caractère. C’est pour les entendre que nous sommes réunis ici, par la grâce de Notre-Seigneur, à propos de cette jeune mariée que vous estimez autant qu’une pierre précieuse et une plume riche, à l’égal de vos ongles et de votre barbe et comme une rose qui a germé sur nos aïeux défunts, lesquels ont été enlevés de ce monde et cachés par Notre-Seigneur Dieu ; car Sa Majesté divine nous veut faire la grâce
(le nous donner une pierre précieuse, une i)lume riche, c’est-à-dire une créature qu’il va achever de conduire à la perfection dans le sein de cotte jeune femme. C’est par cette raison que Notre-Seiiïneur, par lequel nous vivons tous, nous a conduits ici, comme vous le savez très bien. Señores, nous n’avons plus rien à dire, car l’affaire dont nous traitons est encore dans les rêves. Peut-être nos enfants ici présents paraîtront-ils di^^nes de jouir de ce que nous désirons. Peut-être Notre-Seigneur daignera-t-il faire voir la lumière à cet enfant. Quoique nous soyons, à ce sujet, dans l’obscurité et les ténèbres, nous espérons que Dieu aura la bonté de nous faire cette faveur, car c’est lui qui régit et gouverne toutes les choses qui nous conviennent. Señores, nous désirons votre prospérité comme celle de nos enfants ; reposez-vous, et que Notre-Seigneur vous accorde toutes sorics de contentements.
ICI PARLE LA .lEUNE FEMME ENCEINTE EN RÉPONSE A CE QUE LES VIEUX ORATEURS