‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 309 sur 704 · DE LA FAÇON DONT CELLE-CI RÉPONDAIT EN ACCEPTANT LA DEMANDE · texte numérisé non relu

DE LA FAÇON DONT CELLE-CI RÉPONDAIT EN ACCEPTANT LA DEMANDE

ET DES CONSEILS Qu’eLLE DONNAIT A LA FEMME ENCEINTE POUR ÉVITER QUE l’aCCOUCIIEMENT FUT DIFFICILE.

Señora très honorée et digne de vénération, Notre-Seigneur, qui est en tous lieux, vous a conduite près de nous. Les vieillards vos grands parents et vos aînés sont également présents. Sachez donc, señora, que cette jeune femme est enceinte et qu’elle est mariée à ce jeune homme votre serviteur qui est devant vous. Ses père et mère et ses parents vous la présentent et recommandent, parce que Notre-Seigneur qui gouverne le monde veut se montrer pour eux miséricordieux en leur donnant une pierre précieuse et une plume riche par l’avènement de cette créature qui est enfermée dans le sein de sa mère, votre servante ici présente, qui est inariée avec votre serf et serviteur N... Celui-ci la met entre vos mains, sur vos genoux et sur vos épaules ; en même temps, que les vieux parents et ses père et mère vous recommandent leur bien chère enfant. Mettez-la dans le bain, comme vous savez qu’il convient de le faire, c’est-à-dire dans la case de Notre-Seigneur, appelée xochicaltzin^ où la mère et aïeule, la déesse Yoallicifl, prend soin de fortifier et rendre vigoureux les corps des enfants. Que la jeune femme entre donc au bain sous votre surveillance, puisqu’il y a déjà quatre ou cinq mois qu’elle a conçu. Que vous en semble, señora? Nous ne voulons pas que notre ignorance l’expose à tomber malade. Peut-être n’est-il pas temps encore de lui redresser sa créature, ni d’arriver jusqu’à elle. Nos paroles n’ont pas d’autre but que de vous recommander notre bien chérie. Je désire contentement à votre cœur et à votre corps dans la meilleure santé.

1 . Forme révércntielle de xochicalli, maison fleurie, nom servant à désigner les établissements de bains on temazcalli.

HISTOIRE DES CHOSES

Il n’y a pas d’au Ire personne plus habile que moi pour vous adresser la parole avec cette courtoisie et bon style que vous méritez. Si nous l’avious, elle ne serait point tenue à l’écart par ces vieillards, les ])ères et les mères de ces jeunes mariés, qui ont germé et procédé de leurs aïeux et ancêtres, seigneurs et créateurs de cette jeune femme N... et de son mari, votre serf et serviteur. Ils ignorent, ces aïeux, ce qui se fait en leur absence, parce qu’ils se trouvent dans le recueillement et la retraite où Dieu les a mis. Ils s’en sont allés se reposer dans la demeure où nous devons tous aboutir, qui n’a ni fenêtre ni lumière, dans laquelle ils contribuent au délassement de leur dieu, le père de nous tous, Mictlantecutli, le dieu de l’enfer. Plût au ciel qu’ils fussent actuellement présents ! ils pleureraient et s’affligeraient à l’occasion de ce qui n’est pour nous qu’un rêve encore, de cette grande réjouissance et de cette merveille dont INotre-Seigneur veut les gratifier. S’ils vivaient, ils vous parleraient et vous adresseraient leur prière comme vous le méritez. Mais, comme ils sont absents, nous qui sommes leurs successeurs, nous ne faisons que des enfantillages en bégayant en votre présence des paroles sans ordre et sans style, pour vous faire part de nos besoins. Nous vous prions donc, señora, d’avoir pitié de cette jeune femme et d’exercer sur elle les devoirs de votre profession, puisque Notre-Seigneur vous a fait médecin et maîtresse et que c’est par son ordre que vous pratiquez votre art. Nous n’avons plus rien à ajouter à ce que vous venez d’entendre. Que Dieu vous donne de longs jours de vie pour le servir et l’aider dans la profession qu’il vous a donnée.

ICI PARLE l’accoucheuse, QUI FAIT METIER DE PRÉPARER A l’aVANCE LES FEMMES ENCEINTES

AFIN qu’elles accouchent FACILEMENT; CELLE-LA MEME QUI LES ASSISTE AU MOMENT DE l’ACCOUCIIEMENT.

Vous êtes ici présents, señores et señoras ; Notre-Seigneur qui régit le monde vous y a réunis. Vous êtes là, vous, les anciens, el vous, les pères et mères. et parents de ces pierres précieuses et riches plumes qui ont procédé de vos personnes comme l’épine de la piaule, comme les cheveux de la tête, comme les ongles des doigts, et de même que les poils des sourcils prennent naissance sur la peau placée au-dessus de l’œil. Vous êtes aussi présents, vous seigneurs qui, étant les pères de l’État et nos maîtres, faites l’office de Dieu sur la terre dans les emplois de Xoinotl^ et CipaclH dont le devoir est de déclarer le sort de

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