‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 310 sur 704 · Ou Xumull. C’esl le nom d’un canard · texte numérisé non relu

Ou Xumull. C’esl le nom d’un canard

ceux qui viennent de naître. .T’ai écouté et compris vos paroles, vos .soupirs, et l’angoisse qui vous opprime à propos de votre pierre précieuse ou plume lâche, cette jeune femme qui est un fragment de vos personnes et la première ou peut-être la dernière que vous avez engendrée. C’est pour elle que vous appelez à haute voix la mère des dieux, des médecins et des guérisseuses, Yoalticitl, qui est aussi notre mère commune. Son pouvoir et son autorité s’étendent sur les t.emazcalli appelés xochicalli lieu où cette déesse voit les parties les plus cachées sur les corps des hommes, redresse celles qui sont dérangées et fortifie les points tendres ou trop ramollis. Vous allez placer sur ses mains, sur ses genoux et sur ses épaules votre pierre précieuse et plume riche. Ce qui est dans son sein provient de la grdce de Dieu, qui ordonne toutes choses et qui sait si ce sera une fillette ou un petit garçon.

Je ne voudrais pas dire autre chose, moi qui ne suis qu’une malheureuse et misérable vieille. J’ignore ce qui peut vous avoir poussés à me choisir, car je n’ai ni discrétion ni savoir et je ne sais — sotte et niaise que je suis — rien faire qui soit agréable à Notre-Seigneur ; tandis que vivent et fleurissent, en ce moment, beaucoup de servantes de Notre-Seigneur, très savantes, expérimentées, prudentes et maîtresses en leur art, lesquelles Notre-Seigneur Dieu a enrichies de son esprit et de ses inspirations en leur donnant une réelle autorité pour exercer cette profession. Elles ont en outre des disciples instruites comme elles et élevées à leur image, qui exercent et savent à merveille ce dont vous venez de m’entretenir. En présence du nombre si considérable de ces personnes, je ne comprends pas que vous ayez jeté vos regards sur moi. Je pense que c’est arrivé ainsi par ordre de Notre-Seigneur, présent en tous lieux, qui est un abîme et s’appelle air et ténèbres. N’est-ce que pour mon malheur et pour que ce soit la fin de mon existence? Peut-être ai-je assez fatigué Dieu et les hommes et qu’il veut en finir avec moi. Quoiqu’on diseque je suis médecin, est-ce que j’aurai assez de savoir et d’expérience pour soigner et accoucher une pierre aussi précieuse et cette plume riche? Pourrai-je pénétrer la volonté de Dieu ou compter sur nos mérites pour assurer qu’il nous fera la grâce de conduire à la lumière celui qui est dans le sein de votre tille précieuse, aussi belle que les riches plumes? Quoique je sois médecin et accoucheuse, oserai-je compter sur mon expérience et mon adresse pour mettre ma main dans les secrets du corps de ma fille hien-aimée, ici présente, au sujet de laquelle vous êtes plongés dans la peine et les angoisses? Dieu me refusera-t-il son aide pendant que

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