‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 313 sur 704 · Action de se piquer {Izoponia) le3 lèvres (ttntli · texte numérisé non relu

Action de se piquer {Izoponia) le3 lèvres (ttntli

HISTOIRE DES CHOSES

que la mère mange et boit s’incarne dans la petite ci’éature qui puise en cela sa propre substance. L’accoucheuse disait encore à la jeune femme que, dès qu’elle se verrait enceinte d’un, de deux ou de trois mois, elle devrait continuer, avec modération, s’entend, ses rap- [)orls charnels avec son mari ; car, si elle s’en abstenait absolument, l’enfant viendrait au monde malade et sans force ; mais elle ordonnait en même temps que la privation de cet acte fût absolue lorsqu’on approcherait du moment de la délivrance L Mentionnons ici une chose qui mérite d’être connue. Lorsque l’enfant meurt dans le sein de sa mère, l’accoucheuse coupe son corps avec un couteau d’obsidienne et le ramène au dehors en petits morceaux; c’est par ce moyen qu’on empêche la mère de mourir. La femme enceinte recevait le conseil de ne point pleurer et de ne pas se livrer à la tristesse ; personne ne devait lui faire du chagrin, afin qu’il n’en résultât pas un dommage pour celui qu’elle portait dans son sein. L’accoucheuse prescrivait également de donner à la jeune femme suffisamment à manger des mets de choix, chauds et bien préparés, si surtout elle continuait à avoir ses règles. On appellait cela : laver les pieds de l’enfant, pour qu’il ne reste pas dans le vide et que, l’humeur nécessaire ou le sang lui manquant, il n’en reçoive aucun préjudice. L’accoucheuse conseillait encore à la femme enceinte de ne pas travailler beaucoup et d’abandonner la prétention de paraître diligente et laborieuse pendant tout le temps de sa grossesse ; de ne lever aucune chose trop lourde, de ne point courir et de ne s’exposer à aucune frayeur, parce que tout cela peut être une cause d’avortement. Tels étaient les ordres et les conseils que l’accoucheuse donnait à la femme enceinte.

1 . Ae tmducAeur croit devoir ici, a limitation de Buslamanla, supprimer un passage scabreux </ue les délicatesses de la langue française rendraient insoutenable à la lecture. Mais il reproduit le texte espagnol pris dans Kingsborougli : « Porque sino lo hiciere asi, la criatura saldría sucia cubierta de una viscosidad blanca, como si fuera bañada con atulU blanco, y en aquello parecería que nunca dejaron el acto carnal en todo el tiempo que estuvo preñada ; y esto es cosa vergonzosa à la mujer preñada; y esta misma viscosidad dá mucha pena y dolor á la mujer ; quando pare tiene mal parto, y aun queda lastimada por dos ó tres dias; y quando pariere dará muchas voces, porque aquella viscosidad es pegajosa y no dejará salir la criatura libremente y esto porque recibió la simiente del varón quando no convenia : y para sacar la criatura es menester que la partera tenga mucha maña, para no lastimar á la madre y á la criatura; y si la partera no tiene aquella destreza que conviene, muere la criatura antes de nacer ó de acabar de nacer, porque se apega ó se vuelve de lado, ó algunas voces también por esta causa muere la parida, porque con aquella viscosidad se pega y se revuelve en las partes y no puede salir; por eso muere dentro de su madre, y también la madre muere. Y el no cesar de la cópula carnal quando es menester, es causa que la simiente del varón se vuelva viscosidad pegajosa, donde se causa el peligro dicho. »

ICI PARLE l’accoucheuse.

« 0 mes fils bien-aimés et señores ici présents, vous n’ètes point des enfants, mais des personnes sages et prudentes; nous savons tous et vous voyez de combien de grands périls de mort la femme est menacée dans l’intérieur de son corps. Cette petite femme qui est enceinte n’a encore aucune expérience des choses ; vous devez donc avoir bien soin d’elle et la mettre à l’abri de toute négligence. Occupezvous-en activement; veillez à ce qu’elle ne tombe en aucun danger et qu’il ne lui arrive quoi que ce soit susceptible de causer quelque mal à la petite créature qui est dans son sein. Me voilà, moi, qui me nomme médecin et qui le suis en efl'et dans ces cas; je suis là pour avertir de toutes les choses qui peuvent être dangereuses en pareille circonstance. Mais, si, malgré tout, quelque danger nous menace, est-ce que j’aurai les moyens de le prévenir? Pourrai-je faire quelque chose pour y porter remède? Suis-je par hasard investie du pouvoir de délivrer de la mort ? Nous ne pouvons que venir en aide à Notre- Scigneur par des conseils et des remèdes, en nous conformant à sa volonté. Ce que nous pouvons faire, c’est quelque chose de comparable au soin de chasser les mouches avec un émouchoir sur les gens (|ui ont chaud. Pourrions-nous commander que ceci ou cela arrive? Sufiirait-il d’ordonner que l’enfant naisse, pour obtenir que cela soit fait à l’instant? Pourrions-nous mettre à la place de notre volonté la miséricorde de Dieu qui est partout? Cela n’esl pas possible assurément, pas plus que d’obtenir que toutes choses arrivent à notre fantaisie. Ce que nous tous devons faire, c’est d’élever nos prières vers Notre-Seigneur et espérer de lui que sa volonté se fasse sans que nous la connaissions, avec la conviction (¡ue nous n’avons aucun mérite I)Our voir s’accomplir ce que nous avons désiré. Rien ne nous est plus jiécessaire que pleurer et répandre des larmes. Señores et mes pelitslils bien chéris, soyez bien heureux ; je n’ai plus rien à dire. »

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