DES NUAGES
Les nuages et les pluies étaient attribués par ces indigènes au dieu Tlalocan tecutli, qui avait sous ses ordres un grand nombre d’autres dieux appelés Tlaloque ou Tlamacazque. On les regardait comme les
générateurs de toutes les choses nécessaires à la vie du corps, comme maïs, haricots, etc.... Ils envoyaient, en effet, les pluies pour que naquissent toutes les choses que la terre produit. Lorqu’on faisait une fête à ce dieu et à ses acolytes les tlamacazque qui demeuraient dans la maison du temple appelé calmecac, on s’y préparait par un jeûne de quatre jours. Cette pénitence étant terminée, si quelque faute avait été commise parmi eux, on allait faire subir le châtiment sur la lagune pour honorer ces divinités. Le coupable était traîné et abîmé de coups de pied dans l’eau et dans la boue, ainsi que cela a été dit ailleurs, jusqu’à ce qu’on le laissât presque pour mort. On enfermait, pour les châtier ce jour-là, tous ceux qui dans le calmecac avaient démérité en cassant quelque plat ou en faisant d’autres choses semblables. Quelquefois les parents de celui qui était emprisonné donnaient aux tlamacazque des poules, des mantas ou autres objets, pour qu’on le mît en liberté et qu’on n’allât pas le noyer. Quant à ceux dont on n’avait pas obtenu le pardon, quand ils étaient enfermés, les parents n’osaient plus intervenir au moment où le châtiment leur était appliqué de la sorte. Les traitements qu’on leur faisait subir allaient à ce point qu’on les laissait presque morts, étendus au bord de la lagune où les parents allaient les prendre pour les porter chez eux. Dans la fête de ces dieux, tous les macehualli mangeaient du maïs cuit et préparé à la manière du riz, et les tlamacazque s’en allaient chantant et dansant dans les rues, en portant d’une main un pied de maïs vert et de l’autre un pot avec son anse. Ils priaient partout qu’on leur donnât du maïs bouilli, et les macehualh s’empressaient d’en mettre dans leurs pots. On disait que ces dieux faisaient les nuages, les pluies, la grêle, la neige, le tonnerre, les éclairs et la foudre.
L’arc-en-ciel est comme une sorte d’arc en maçonnerie qui affecte différentes couleurs. Son apparition est le signe d’un ciel serein. Lorsqu’il paraissait se reposer sur quelque maguey, on prétendait qu’il le flétrissait et faisait sécher. On disait aussi que, lorsqu’il se montrait souvent dans le ciel, c’était le signe que les pluies allaient cesser.