‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 341 sur 704 · DE LA GELÉE, DE LA NEIGE ET DE LA GRÊLE · texte numérisé non relu

DE LA GELÉE, DE LA NEIGE ET DE LA GRÊLE

Les Mexicains avaient noté dans leurs calculs qu’il gelait cent vingt jours par an et que les gelées commençaient depuis le mois d’ochpaniztli pour finir au mois de tititl. Quand venait la fête de ce mois.

HISTOIRE DES CHOSES

le vulgaire disait qu’il était temps de préparer et de labourer la terre, semer du maïs et faire n’importe quel autre genre de semailles. Tous mettaient, en conséquence, la main à l’œuvre. On appelait cepayauitl la neige qui tombe comme un brouillard et presque semblable à de l’eau fondue. Quand on la voyait tomber, on en pronostiquait une bonne récolte et une année fertile. Lorsque d’épais nuages se montraient sur les cimes élevées, on disait que les Tlaloque, dieux des eaux, allaient venir. Lorsque ces nuages situés en haut des montagnes affectaient une couleur très blanche, on prétendait que c’était le signe de la grêle qui venait détruire les moissons et l’on en avait grand’peur. La grêle était, du reste, très avantageuse aux chasseurs, parce qu’elle causait la mort d’un grand nombre d’oiseaux de toutes espèces. C’est pour éviter que ces dommages tombassent sur les plants de maïs qu’il y avait des sorciers appelés teciuhtlazque *, c’est-à-dire conj orateurs de grêle, qui avaient la réputation d’avoir à leur disposition des sortilèges pour empêcher la grêle de tomber sur le maïs et pour l’envoyer sur des lieux incultes où l’on ne fait aucune semaille.

Page 1