‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 342 sur 704 · DE LA MANIÈRE DES MEXICAINS DE COMPTER LES ANNEES · texte numérisé non relu

DE LA MANIÈRE DES MEXICAINS DE COMPTER LES ANNEES

Les gens du Mexique ou de la Nouvelle-Espagne, au temps de leur idolâtrie, avaient l’habitude de compter les années au moyen d’un cercle figurantquatre signes, placés comme auxquatre points cardinaux, de sorte que chaque année prenait la dénomination de quelqu’une des quatre parties du cercle. Voici les noms qu’on leur appliquait : tdlztlampa, qui est le midi ; llapcopa, qui est l’orient; mictlanipa, qui est le nord ; ciuatlampa % qui est l’occident. Les noms des signes figurant ces (juatre points cardinaux étaient les suivants : tochtli, lapin, était assigné à uitztlmnpa, c’est-à-dire au midi; acail, roseau, représentait l’orient; tecpati, obsidienne, était dédiée au septentrion; calli, maison, signalait l’occident. C’était donc le lapin qui figurait le commencement d’une série d’années, et l’on disait ainsi : ce tochtli, un lapin; orne acatl, deux roseau; ei iecpaff, trois obsidienne ; naiit

1. Exorcistes, ceux qui conjurent les orages. Substantif formé du verbe leciuhllaça, éloigner {Ilaça), la grêle, l’orage (teciuill).

2. Ces noms des quatre points cardinaux sont pris au figuré, ainsi que nous l’avons vu pour ciuallampa, litt. vers les femmes. Les trois autres signifient ; uüztlampa, vers les épines ou les piquants {uilzlli) ; llapcopa, du côté où l’on voit le ver luisant (copitl), et micllampa, vers l’enfer (mictlan).

calli, quatre maison, et l'on continuait ainsi en augmentant les nombres jusqu’à treize. Quand on avait fini cinquante-deux ans, le compte était ramené à ce tochlli.

Acatl, roseau, est le signe appliqué à l’orient, appelé tlapcopa tlauilcopa^, source de la lumière ou du soleil. Tecpatl, obsidienne, était le signe dédié à micllampa dans la direction de l’enfer, parce qu’on croyait que les morts s’en allaient vers le septentrion. C’est pour cette raison que, dans leurs pratiques superstitieuses relatives aux morts, après les avoir enveloppés dans leurs couvertures, on asseyait les corps des défunts en tournant leurs figures dans la direction de micllampa. Le quatrième signe, « la maison, » était dédié à l’occident appelé ciuatlampa, qui veut dire presque la maison des femmes, parce qu’on était dans la conviction que les femmes défuntes, devenues déesses, fixaient leur demeure au couchant, tandis que les hommes résidaient à l’orient. On croyait également que les hommes morts qui habitent le palais du soleil conduisaient cet astre, en s’évertuant à le réjouir depuis son lever jusqu’à la hauteur de midi, et que les femmes appelées Ciuapipiltin, que l’on tient pour déesses, partaient de l’occident pour l’aller recevoir au point de midi et le conduire à son coucher, au milieu de grandes réjouissances.

En calculant le temps de treize en treize années, chacun des quatre signes commence ce compte à son tour et l’on dit ainsi : ce tochlli^ orne acatl, ei tecpatl, naui calli, macuiltochlli'^ , six acatl, sept tecpatl, huit calli, etc., et, en treize fois quatre, on finit le compte de cinquante-deux ans. Cette période étant terminée, ainsi qu’il est dit, le calcul revejiait à ce tochtli, qui était le signe de midi appelé uitztlampa. Quand on y arrivait à nouveau, tout le monde craignait la famine, parce qu’on le tenait pour signe de disette.

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