‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 36 sur 704 · De ixlli, visage, et coçauhqui, jaune, enflammé · texte numérisé non relu

De ixlli, visage, et coçauhqui, jaune, enflammé

3. Forme révérentielle de cueçallotl, flamme j on dit llecueçalloll, flamme de feu ; de lieu, feu, et cueçallotl, flamme,

considération des eiTets qu’il produit, parce qu’il brûle et que sa flamme allume et embrase. Ces premiers effets inspirent de la frayeur, mais il en est d’autres qui poussent à l’amour et à la vénération ; car le même dieu donne de la chaleur à ceux qui ont froid et il prépare les viandes pour les repas en faisant des rôtis, des bouillis, des grillades et des fritures. Il condense le sel et le sucre; il fait le charbon et la chaux, chauffe les bains et contribue à faire l’huile qui s’appelle wxi/C Avec lui on chauffe la lessive et l’eau qui lave les linges sales et vieux, ce qui les rend presque neufs. On célébrait la fête de ce dieu, chaque année, à la fin du mois qui s’appelle izcalHK On revêtissait son idole de tous les habits, ornements et plumages du personnage le plus élevé. Au temps de Moteiihçoma^, on l’habillait à l’image de ce roi et, au temps des rois antérieurs, on faisait de même pour chacun d’eux. On décapitait un grand nombre de cailles devant l’autel sur lequel cette idole était placée et l’on en faisait couler le sang devant elle. On lui offrait aussi de l’encens comme à un dieu ainsi que des petits gâteaux appelés quiltamalli'^, faits avec des blettes, qu’on mangeait ensuite en son honneur. Dans tous les faubourgs et dans chaque maison, on les présentait au feu et on ne s’en nourrissait pas avant de lui en avoir fait l’offrande.

Les satrapes qui sont destinés au service de ce dieu s’apellent Yueueyouan’*, ce qui veut dire « ses vieillards ». Ils s’occupaient tous les jours à des chants et à des danses en Sa présence; ils sonnaient dans des cors en spirale et battaient le tambour ainsi que le teponaztli^, qui est un tambour en bois. Ils avaient à la main une sorte de grelots dont ils accompagnaient leurs chants en accord; c’était quel(|ue chose qui ressemblait aux marottes avec lesquelles on apaise les enfants qui pleurent et dont on fait usage dans les campagnes. Dans ce jour de fête, on ne faisait pas cuire des petits pains, ni autre chose, en comal on prenait même grand soin que personne ne le fît, afin d’éviter de toucher au feu, parce que c’était le jour destiné à manger et à faire l’offrande des tamalli dont j’ai parlé.

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