‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 37 sur 704 · Voy. livre II, chap. xviii · texte numérisé non relu

Voy. livre II, chap. xviii

2. Ou Moiecuçoma, » quise fâche en seigneur » ; de teculli ou tcuctli, seigneur, et coma, se fâcher. C’est sans doute Moteuhroma II, surnommé YnrnynLL, mi le dernier, sous qui les Espagnols arrivèrent au Mexique. Moteuhçoma 1, ou l’ancien, était appelé Ilhuicamina.

3. De quilill, (en espagnol quelite), herbe comestible, et tamalli, pain de maïs.

4. Pluriel de ueue, vieillard, précédé de l’adjectif possessif t.

5. Cet instrument de musique était formé d’un tronc de bois creusé, ayant, dans la partie supérieure, deux ouvertures allongées, sur lesquelles on jouait avec deux baguettes garnies de boules de caoutchouc. Les sons qu'on en tirait allaient en augmentant, si l’on doit s’en rapporter à l’étymologie du mol qui dérive du verbe teponaçoa, se gonfler, aller croissant.

6. Ou comalli, vase plat en terre cuite non vernie ; le mot comal est aujourd’hui communément employé par ceux qui au Mexique font usage de la langue espagnole.

C’était dans ce même jour de fêle que les pères et mères allaient prendre, à la chasse, soit des serpents, soit des grenouilles, des petits poissons appelés yom/es ', de petits lézards aquatiques appelés axolotl^, des oiseaux, ou n’importe quel autre animal, et on les jetait sur les braises du foyer. Lorsqu’ils étaient cuits, les enfants les mangeaient en disant ; « Notre père le Feu mange des grillades. » La nuit étant venue, les vieillards buvaient ensemble de VuctU^, sorte de vin du pays, et, avant de le porter à leurs lèvres, ils en répandaient sur quatre parties distinctes du foyer. Ils prétendaient, par cet acte, en donner au feu les prémices, l’honorant ainsi comme dieu en lui en faisant l’offrande. Tous les quatre ans, celte fête devenait solennelle. Le roi accompagné des plus grands seigneurs, venait lui-même faire de l’buile devant le temple de cette divinité. Dans celte grande solennité, ce n’étaient pas seulement les vieillards qui buvaient du pulque; les jeunes hommes, les jeunes filles et les enfants le buvaient également. Aussi appelait-on cette fêle Pillauano’^, ce qui signifie : solennité dans laquelle les enfants des deux sexes boivent du vin ou pulque.

Les pères et mères cherchaient des parrains et des marraines pour leurs enfants, auxquels il était fait quelques petits cadeaux. Les parrains et marraines prenaient les filleuls sur leurs épaules et les portaient au temple de ce dieu du feu, que l’on appelait aussi Ixcoçauhqui. C’était en sa présence qu’on perçait les oreilles des garçons et des fillettes, avec l’assistance de leurs parrains et marraines qu’ils appelaient imauiuan, intlauan^. Après cette opération, ils faisaient un repas tous ensemble, pères, mères, parrains, marraines, garçons, fillettes. L’image de ce dieu représentait un homme nu, avec le bas de la figure barbouillé de résine ulli, qui est noire, et une pierre rouge au trou de la lèvre inférieure. 11 avait sur la tête une couronne de papier peinte en dilférentes couleurs figurant des dessins variés. Cette couronne était surmontée de panaches de plumes vertes, en formes de flamme, et il s’en échappait des boules en plumes qui pendaient aux cotés de la tête vers les oreilles. Les trous des oreilles portaient des anneaux avec des turquoises incrustées en mosaïque. Le dieu avait sur le dos une tunique enplumes jaunes repré-

1. Joël ou joli, poisson du genre de l’athérine, qui appartient à la famille des mugiloïdes.

2. De atl, eau, et xololl, serviteur, familier. Batracien très commun dans les lacs de Tetzcuco et de Chalco, dont les Espagnols ont fait ajolote. Les Mexicains le mangent encore aujourd’hui.

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