Petit poisson
meilles ou orangées. Les Mexicains ont l’habitude de manger différentes variétés de izapotl et, entre autres, celle dont l’écorce est cendrée, qu’on appelle anona et qui renferme des pépins ressemblant à des haricots dans une pulpe blanche comme de la crème, d’une saveur exquise. D’autres fruits de cette espèce sont petits comme des poires; il y en a de jaunes en dehors et qui ressemblent en dedans à un jaune d’œuf après la cuisson. Un autre fruit qui porte le nom de quauhcamotli n’est en réalité qu’une racine. Le camotli est encore une racine à laquelle nous donnons le nom de batata. Nous ne mentionnons pas un bien grand nombre d’autres fruits.
Ils avaient aussi l’habitude de manger certaines graines qu’on leur servait comme fruit. L’une d’elles était le xilotl, sorte d’épi tendre de maïs qu’ils mangeaient cuit. Une autre s’appelle elotU ; c’est un épi bien formé, mais tendre encore, qu’on mange bouilli. Vexotl^ est la gousse verte de haricots, qu’on fait cuire. Ils mangeaient aussi une sorte de tamal fait avec les. panaches du maïs, mêlés avec des graines de blettes et des noyaux de cerises moulus. On leur faisait une espèce de tortillas avec de la graine de maïs prise sur l’épi jaune et tendre, et d’autres tamales encore avec des blettes. Ils faisaient usage aussi de certains brouets assaisonnés à leur manière. Ils mangeaient une variété de blettes accommodées avec du piment jaune, des tomates et des graines de calebasse, ou avec du chiltecpitl seulement. Une autre encore avec du piment vert. Ils se faisaient servir certaines herbes crues, sans les cuire.
Ils avaient la coutume de manger une infinité de bouillies. L’une d’elles qui s’appelait totonqui alolli était un atole chaud. Le necuatolli^ était de l’atole avec du miel ; le chilnecuatolli , de l’atole avec du miel et du piment jaune. Le quauhnexatolli ^ est fait avec beaucoup de farine, très blanche et accompagnée de tequixquitl^. Ils faisaient encore bien d’autres bouillies chez les grands seigneurs ; les gouverneurs étaient chargés d’y porter leurs soins. On servait aux monarques tant de plats qu’ils arrivaient à la centaine. Lorsque le roi avait fini son repas, il ordonnait à ses pages ou serviteurs de faire servir à manger aux seigneurs et aux ambassadeurs qui étaient venus d’autres pays. On servait également le repas à ceux qui faisaient la
1. Épi de maïs vert dont les grains sont déjà formés. Le xilotl est l’épi naissant encore laiteux.
2. Haricot vert dans sa gousse ; de etl, haricot et, xotl, pied, c’est-à-dire sur la plante.