‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 388 sur 704 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

DE LA MANIÈRE d’ÉLIRE LES JUGES.

Les seigneurs ou rois prenaient soin de conserver la paix dans le peuple et déjuger les procès et les différends qui s’élevaient entre les prolétaires. Ils choisissaient pour cela des personnes nobles et riches, retrempées aux fatigues de la conquête, gens de bonnes mœurs, prudents et sages, élevés au monastère du calmecac et aussi dans le palais. C’étaient ces sortes de personnes que le roi élisait pour être juges entre les gens du peuple. Il prenait bien soin qu’ils ne fussent ni ivrognes, ni accessibles aux cadeaux, ni susceptibles de favoriser les personnes, ni passionnés. Il leur recommandait fortement de faire bonne justice en tout ce qui leur serait soumis. Il leur désignait les salles où ils auraient à exercer leur emploi. L’une d’elles, appelée Üacxitlan, était située sous celle du roi. On y jugeait les affaires des nobles. Une autre, appelée teccalli, était destinée aux juges qui avaient à connaître des affaires du peuple et qui en prenaient note au moyen de leurs peintures. La chose étant ainsi entendue et expliquée par écrit, on portait la cause au tribunal supérieur appelé tlacxitlan, pour que la sentence y fût prononcée par de plus grands juges. Quand^ les affaires étaient graves et très difficiles, on les portait devant le roi, pour qu’il les jugeât à l’aide de treize personnages très qualifiés qui l’accompagnaient et résidaient avec lui. Ceux-ci étaient les juges suprêmes appelés tecutlatoque'- . Ils examinaient avec la plus grande attention les causes qui leur étaient soumises, et lorsque ce tribunal, qui était le plus élevé, condamnait quelqu’un à mort, on remettait aussitôt le condamné aux exécuteurs de la justice, qui, conformément à la sentence, l’étouffaient, le faisaient mourir par le garrot, le lapidaient ou l’écartelaient.

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