CHAPITRE XXVI
DE LA MANIÈRE DONT ON FAISAIT LES areylOS.
La troisième chose dont le roi se préoccupait c’était les areylos et les danses dont il était fait usage pour l’amusement du peuple. Il disait d’abord quel serait le chant qui serait chanté et il ordonnait aux chanteurs de le mettre au ton qu’il avait lui-même choisi et de s’en occuper avec le plus grand soin. Il faisait confectionner les pelotes d’ulli qui servent à battre le teponaztli et il recommandait que cet instrument et le tambour fussent des meilleurs. Il désignait les mouvements qui seraient adoptés dans la danse ainsi que les costumes et les devises que les danseurs devraient porter. Il nommait ceux qui auraient à battre le tambour et le teponaztli, ceux aussi qui seraient les conducteurs de la danse, et il fixait le jour du divertissement à propos de la fête de quelque dieu. Pour cette circonstance, il se costumait lui-même comme il suit : il attachait aux cheveux du haut de sa tête des glands en plumes et or ; il mettait à sa lèvre inférieure un ornement en or et en pierres précieuses, et des boucles d’or aux oreilles; il ornait son cou d’un collier de différentes espèces de belles pierres ; il parait ses poignets de bracelets consistant en enfilades de chalchiuitl ou de turquoises; plus haut, sur ses bras, il mettait d’autres bracelets en or et d’autres encore supportant des plumes qui s’élevaient plus haut que la tête; il portait en même temps un autre bouquet de plumes à la main ; il se couvrait d’une manta riche nouée sur l’épaule, et il se ceignait d’une ceinture, appelée maxllall dans le pays, qui sert en même temps à couvrir les parties honteuses. Il habillait de cette même manière tous les hauts personnages, les gens de guerre, les capitaines et toutes autres personnes qui devaient faire partie du bal. II offrait copieusement à manger et à boire à tout ce monde. Quand on était à danser, si quelqu’un des chanteurs se trompait dans son chant, si les joueurs de teponaztli et de tambour battaient faux, si ceux qui conduisaient la danse commettaient une erreur de mouvement ou d’attitude, le roi les faisait arrêter sans retard, et il ordonnait le lendemain qu’on les mît à mort.