‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 390 sur 704 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

DE h.K SURVEILLANCE DE NUIT ET DE JOUR ET DE LA CARDE DE NUIT.

La quatrième chose dont le roi prenait grand soin, c’était d’établir des gardes de nuit comme de jour, pour qu’elles fissent le guet dans la ville et sur ses limites, afinque les ennemis ne s’introduisissent pas sans qu’on les sentît venir et sans qu’on les reconnût. C’est pour cela que les satrapes combinaient leurs veilles avec les heures de la nuit, ainsi que le faisaient, d’autre part, des soldats qu’on appelait teockcauan *. Le roi prenait bien soin que ses veilleurs ne manquassent pas à leur devoir; il sortait souvent lui-même en secret pour s’assurer qu’ils étaient bien alertes à leur poste et savoir s’ils dormaient ou s’ils s’enivraient, auquel cas il les châtiait durement. Il avait d’autres surveillants choisis parmi les personnages de qualité, lesquels avaient, jour et nuit, l’œil ouvert sur la frontière des pays ennemis pour savoir si l’on s’y préparait à la guerre et pour découvrir des espions, afin de surprendre leurs secrets. Du reste, tout espion était mis à mort, de même que tous les habitants de la maison où on l’avait logé. Les jeunes gens qui étaient élevés dans le telpochcalli veillaient également et chantaient une grande partie de la nuit, afin que, si quelque ennemi s’approchait en silence, il pût s’apercevoir de loin qu’on ne dormait pas. Les satrapes veillaient pendant la nuit, criant dans leurs porte-voix, et de toutes parts on leur répondait par le même cri du porte-voix et par les sons des teponaztli et des tambours. Bien souvent ils continuaient jusqu’au jour cette manœuvre. Il y avait aussi des veilleurs continuellement dans les maisons des seigneurs ou rois; et jamais on n’éteignait le feu pendant la nuit, pas plus dans les palais des grands que dans les maisons particulières, les temples, le telpochcalli et le calmecac.

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