‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 39 sur 704 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

IL EST TRAITÉ d’uN DIEU APPELÉ MaCuUxOchiil, CE QUI VEUT DIRE CINQ FLEURS ; ON LE NOMMAIT AUSSI XochipUH, CE QUI VEUT DIRE SOURCE PRINCIPALE DE FLEURS, OU QUI EST CHARGÉ DE DONNER DES FLEURS.

Ce dieu s’appelait MacuilxochülK On le tenait pour Divinité, comme le précédent que nous avons dit être le dieu du feu. C’était le dieu de prédilection des gens qui habitaient les maisons des grands seigneurs et les palais des princes. On faisait chaque année en son honneur une grande fête appelée xochilhuiü ’* qui était inscrite parmi les fêtes mobiles dont il est question dans le quatrième livre qui parle de l’art divinatoire. Pendant les quatre derniers jours qui précédaient cette fête, tous ceux qui devaient prendre part à sa célébration, les hommes aussi bien que les femmes, observaient un jeûne rigoureux, et si, pendant que durait le temps destiné au jeûne, un homme avait communication intime avec une femme, ou une femme avec un homme, on disait que le jeûne en était souillé; le dieu s’en tenait pour grandement offensé, et c’est pour cola qu’il châtiait ceux qui s’en rendaient coupables avec des maladies des parties secrètes : hémorrhoïdes, suppuration du membre occulte, furoncles, bubons, etc...; car on croyait que ces maladies étaient le châtiment infligé par ce dieu pour les raisons que je viens de dire. Aussi^Jui faisait-on des vœux et des promesses pour qu’il apaisât ces souffrances et cessât d’en affliger les gens.

Page 1