‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 45 sur 704 · De tlilli, couleurnoire, eiatl, eau · texte numérisé non relu

De tlilli, couleurnoire, eiatl, eau

4. Substantif verbal tiré de maccua, danser. Les danses religieuses variaient suivant les circonstances. Ainsi, dans le maceualiztli, que décrit ici Sahagun, les exécutants réunis en petits groupes se tenaient par les mains [maill]. Le netoliliztU s’exécutait en chœur, et le nenaualiztli consistait à se tenir étroitement les uns les autres en entrelaçant les bras [nauac, auprès). Le mot areyto a été sans doute emprunté au langage des habitants des Antilles par les conquérants espagnols qui, comme on sait, s’approprièrent un grand nombre de termes indiens.

pieds et leurs mains, chose très bien combinée et très digne d’être vue. Tous les mouvements s’accordaient avec la musique du tambour et du teponaztli. Ils accompagnaient les instruments de leurs voix sonores, chantant en accord les louanges du dieu dont ils faisaient la fête. Encore aujourd’hui, ils se livrent à ces mêmes exercices, bien que ce soit dans un but différent. Ils règlent leurs mouvements et leurs parures sur la nature de leurs chants, car leurs danses et leurs intonations varient considérablement, sans jamais cesser d’être très-gracieuses et même empreintes de dévotion. La forêt de leur idolâtrie n’est pas encore défrichée.

L’image du dieu étant arrivée à la maison de celui qui faisait la fête, on s’occupait d’abord de manger et de boire, après quoi commençaient les danses et les chants dont on honorait cette divinité. Le dieu lui-même, ayant dansé longtemps, descendait à la cave où l’on tenait le pulque dans plusieurs jarres recouvertes depuis quatre joui's avec des planches et des comalli vernis. 11 en ouvrait une ou plusieurs, opération qu’on appelait tlayacaxapotla *, ce qui veut dire : ce vin est nouveau. Alors, lui-même et ceux qui l’accompagnaient buvaient de ce vin; ils sortaient ensuite et se rendaient dans la cour de la maison, à l’endroit où se trouvaient les jarres pleines de l’eau noire, qui lui était dédiée et qu’on tenait couvertes depuis quatre jours. Celui qui jouait le rôle du dieu les ouvrait, et si, après les avoir découvertes, il trouvait dans quelqu’une d’entre elles de la saleté, comme quelques fétus de paille, des cheveux, des poils ou du charbon, on disait aussitôt que celui qui faisait cette fête était un homme de mauvaise vie, un adultère, un voleur ou un luxurieux et tout le monde l’insultait en lui attribuant quelqu’un de ces vices, ou en prétendant qu’il

n’était qu’un semeur de discorde et de troubles et ces offenses,

on les lui adressait publiquement, en présence de tous. Lorsque le prêtre qui était l’image du dieu sortait de la maison, on lui donnait des étoffes qu’on appelait en ce cas ixquen % ce qui veut dire couverture du visage, par allusion à la honte dont était couvert le promoteur de la fête, lorsque les eaux noires étaient altérées. Il sera dit il la fin de ce livre de quels ornements ce dieu était revêtu.

1. « Il découvre les choses nouvelles de yacaio, premier, récent, et xapotla, fendrô, ouvrir, percer, violer.

4-. Apocope de ixquemitl ou ixquentli, vêtement de la face; de ixtli, visage, et qucmitl ou quentli, habit, couverture, voile.

HISTOIRE DES CHOSES

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