CHAPITRE XXIII
DE CEUX QUI FONT DE LA VAISSELLE, POTS ET JARRES, ET DE CEUX QUI FABRIQUENT DES PANIERS ET DES VALISES.
Les potiers vendent des pots, des jarres, des cruches, des bassins, des brasiers, des petits va.ses vernis et toute sorte d’ustensiles comme cuillères, casseroles, chandeliers. Certains objets sont bien cuits, d’autres fort mal réussis. Il y en a que l’excès de feu a fendus ; il en est d’autres qui ne sont pas suffisamment cuits. Lorsqu’ils ne sont pas venus à point et qu’ils sonnent mal, le marchand, pour les faire paraître bons et bien cuits, les couvre d’une couleur artificielle ou les teint en jaune.
Celui qui vend des comalli, sorte de gros plats en terre cuite servant a faire des tortillas, est dans l’habitude de mouiller sa terre, de la battre et de la mêler avec le duvet des glaïeuls. Quand elle est ainsi préparée, il en fait des comalli en l'amincissant, l’aplatissant et en la polissant. Ainsi préparés, il les met au four après l’avoir bien chauffé. Quand il les juge suffisamment cuits, il fait éteindre le feu. De la sorte les comalli qu’il vend sont bons, possèdent un son satisfaisant, et ils sont durs et bien compacts. 11 vend en même temps ceux qui ont été imparfaitement cuits, ceux aussi qui sont noirâtres ou d’une autre mauvaise nuance et qui rendent un vilain son, parce qu’ils ont été cassés ou qu’ils se sont fendillés au feu.
Le marchand de paniers qu’on appelle chiquiuiil, avant de les faire, met les branches d’osier ou de joncs à l’eau pour qu’elles s’y ramollissent, les fend ensuite et les met en ordre pour en faire des paniers après les avoir jointes par un cordon de nequen et consolidé le fond par des roseaux partagés en deux moitiés et solidemeni attachés au dehors. Les paniers qu’ils mettent en vente sont de formes très variées. Les uns sont partagés en compartiments comme des encriers; d’autres ont leurs côtés crénelés ; d’autres encore grossiers ou très bien faits pour mettre des tortillas. On vend également de grands paniers faits avec de gros roseaux, ainsi qu’une petite espèce de forme aplatie. Quelques-uns sont mal tissus, à mailles lâches, grossiers et mal faits.
HISTOIRE DES CHOSES
Celui qui vend de petites valises de femme en fait de carrées, de longues, de hautes, de rondes, soit avec des roseaux, soit avec des palmes, du cuir ou du bois; toutes très bien travaillées et bien tressées.
Le marchand de sel le fabrique ou l’achète pour le revendre. S’il s’agit de le faire, il rassemble de la terre salée, la lave très bien et fait passer l’eau dans un bassin où il fait cristalliser le sel en pain dans des formes préparées à cet effet. Celui qui revend le sel qu’il a acheté le transporte autre part pour y faire son bénéfice; il ne perd aucun des marchés qui se tiennent dans les localités de son district. Il y vend des pains ronds ou allongés comme pains de sucre, bien propres, sans mélange de sable, bien blancs, sans défauts extérieurs. Quelquefois il en vend qui sont mêlés avec de la chaux et y perdent de leur goût. 11 écoule aussi parfois des pains minces mêlés de terre, et du sel grossier qui sale mal.