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De quelzalli, brillant, et ollatl, roseau, jonc ferme

HISTOIRE DES CHOSES

Le marchand de résine odorante, si c’est un brave homme, la vend de bonne qualité et sans mélange. Mais, s’il est déloyal, il présente la fausse pour véritable après l’avoir mêlée avec de la farine de haricots ou de maïs.

Celui qui vend des cylindres à fumer coupe d’abord les roseaux, les émonde de leurs feuilles et les nettoie très bien. Il pulvérise ensuite très finement le charbon qu’il mouille et dont il bourre les roseaux. Il en embellit quelques-uns de peinture; il en dore quelques autres; il en fait aussi sans ces enjolivements, tout unis, très longs, noircis de charbon ou blanchis avec de la craie qu’on met par dessus, quand ils ne sont pas rayonnants de l’or dont on les aurait couverts. Certains de ces tuhes ont une peinture cachée qui se voit seulement k mesure que le feu les consume. Quelques-uns sont jaspés, d’autres ont des peintures représentant des fleurs, des poissons, des aigles, etc. Les plus ordinaires et les plus mal faits sont fabriqués pour être vendus au marché. Ils perdent facilement le charbon dont ils sont recouverts. Il y a une grande variété de ces cylindres, lesquels sont confectionnés avec diverses espèces d’herbes odorantes pulvérisées et mêlées les unes avec les autres et qui servent à les bourrer, de même que d’autres espèces aromatiques, le bitume appelé chapopotli, certains champignons, la rose appelée poyomatli et bien d’autres.

Qu’est-ce que c’est que \e chapopotli? Le c/^apopoíí^ est un bitume qui vient de la mer et qui ressemble à la poix de Castille quand elle est friable. Les flots de la mer le rejettent, de préférence en certains jours, au temps de l’accroissement de la lune. Il vient étendu sur les flots comme une grosse pièce d’étoffe et les riverains vont le recueillir sur la côte. Ce chapopotli est odorant et fort estimé des femmes. Quand on le jette sur le feu son odeur se répand au loin.

Il y a deux espèces de ce bitume. L’une d’elles se mêle à la masse qu’on a l’habitude d’introduire dans les chalumeaux odoriférants. L’autre forme une sorte de poix que les femmes appellent tzictli. Pour qu’on puisse la mâcher on en fait un mélange avec de l’aæinqui a la propriété de ramollir; sans cela la mastication en serait impossible, attendu que la substance se briserait. La plupart des femmes qui mâchent le bitume sont des jeunes filles* à peine adultes et aussi quelques femmes plus âgées. Mais il n’est pas d’usage que toutes indistinctement pratiquent cette mastication en public; cela n’est permis qu’aux femmes non mariées. Les mariées et les veuves, si elles se livrent à cette pratique, ne le font que dans l’intérieur de leurs maisons. Les filles publiques, qui ont perdu toute honte, le mâchent en tout lieu, dans les rues et dans les marchés, en faisant sonner les coups de dents comme des castagnettes. Quant aux femmes non publiques qui se permettent d’agir de même, elles acquièrent la note de mauvais sujets, fort dignes de mépris. Le motif qui porte les femmes à mâcher le tzictli est d’expulser les mauvaises mucosités, et aussi pour éviter que leur bouche sente mauvais et qu’elles soient mises de côté à cause de la fétidité de leur haleine. Les hommes aussi mâchent le tzictli pour se débarrasser des flegmes et pour nettoyer les dents ; mais ils le font en secret. Ceux qui sont connus comme entachés de vices contre nature n’éprouvent aucune honte à le mâcher et ils ont la coutume de le faire sans scrupule en public. Si d’autres hommes agissent de même, ils acquièrent la note de sodomites. On mêle ce bitume avec le copal, ou encens du pays, et avec la résine odoriférante et on obtient ainsi de bons parfums.

Qu’est que c’est que Vaxin ? L’onguent jaune appelé axin est d’un jaune très prononcé, mou et échauffant. On le fait avec des chenilles qui naissent sur un arbre appelé axquauitl'. Certaines mouches qui s’y nourrissent pondent des œufs dont naissent les susdites chenilles. Elles s’arrondissent en croissant. Quand elles sont devenues grandes, on secoue l’arbre et on les prend. Après les avoir fait cuire, on en exprime l'axin qui est comme un onguent jaune et on l’enveloppe dans des feuilles d’épis de maïs.

La principale propriété de cet axin est d’être échauffant, d’après ce qu’assurent ceux qui l’ont expérimenté, si échauffant même qu’il est comme un véritable feu. Les voyageurs s’en frottent les pieds pour les préserver du froid et des engelures. Il calme les accès de goutte quand on l’applique sur le siège de la douleur. On le met aussi sur les lèvres pour empêcher les gerçures. Pour le rendre applicable contre la goutte, on le mêle avec la poudre d’une herbe a.pçe\ée cololzitzicaztli^ et, pour qu’il préserve du froid, on y ajoute de la poussière de charbon afin d’empêcher qu’il fonde. Il est utile également contre le flux de ventre qu’on ne peut arrêter. Pour cela il est d’abord nécessaire de le bien cuire, et tandis qu’il est ramolli et tiède, on l’applique en clystère au malade. Cela suffit pour arrêter la diarrhée.

Des dilférentes espèces de tzictU. — H y a une espèce qu’on appelle tepetzictli, tacanaltziclH ce qui revient à dire tzicUi agreste. On le mâche comme le précédent, mais, au lieu d’être noir, il est jaune comme la cire. Ceux qui le mâchent n’en ressentent pas mal à la tête ; ils s’en égayent au contraire et le trouvent savoureux. L’autre espèce de tzictli, qui est formé du chapopotli, fatigue la tête de ceux qui le mâchent. Le tepetzictli est une plante dont la racine sert à extraire ce bitume.

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