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DES MARCHANDS DE CHANDELLES, DE BOURSES ET DE CEINTURONS

Le marchand de chandelles est obligé de savoir mettre la cire en bon état, la fondre, la blanchir, la laver, la cuire et, quand elle est bien fondue, la couler sur la mèche et la rouler entre deux tablettes. D’autre part, il doit savoir aussi combiner les choses de manière à enfermer une couche de cire noire avec sa mèche dans l’intérieur d’une couche de cire blanche. 11 vend des chandelles de n’importe quelle couleur, blanches, jaunes, foncées. Il en vend aussi qui sont falsifiées et qui ont la mèche grossière. Les unes sont lisses et polies et d’autres sont rugueuses. Il y en a de grosses et de minces.

Le marchand de bourses s’occupe d’abord de leur coupe. Il les coud ensuite et, qu’elles soient faites d’étoffe ou de cuir, il les ferme avec une coulisse et des cor-

1. De axin, matière onctueuse, et quauitl, arbre. Voy. la note 2 de la page 621.

2 De colotl, scorpion, et tzitzicaztli, ortie.

3. Ces deux mots sont composés de íjicí/i joint à iepetl, montagne, et à tacanalli, racine de la plante agreste nommée tacanalquilül.

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dons en peau. Les unes sont grandes et de forte contenance, tandis que les autres sont étroites et petites.

L'ouvrier qui fabrique des ceinturons en coupe d’étroits, de larges, et il les munit tous de boucles pour qu’on puisse les appliquer. Ces ceinturons sont jaunes, blancs, noirs, vermeils et rouges.

Le cordonnier coupe d’abord ses souliers ; il coud très bien ses semelles. Les uns sont petits et étroits, les autres larges ; tous sont bien faits et; bien soignés, car ils sont pour les grands seigneurs.

Le colporteur achète en gros pour aller vendre en détail : du papier, des ciseaux, des couteaux, des aiguilles, des mouchoirs, du linge, des lisières, des bracelets, des colliers et bien d’autres choses qu’il est possible d’acheter en gros.

Celle qui a l’habitude de frotter les têtes avec des herbes appelées xiuhquilitl qui sont bonnes pour les maladies de cette partie du corps, est obligée de se procurer de l’argile noire et de la porter au marché pour en oindre les têtes de ceux qui le demandent, après y avoir mêlé les susdites herbes moulues conjointement avec les feuilles d’un arbre appelé uixachin ‘ et une écorce qui porte le nom de quauhtepuztli^. Quelquefois elle vend sa terre noire mêlée seulement avec les feuilles et l’écorce dites, sans les autres herbes.

La marchande de plumes filées a l’habitude d’élever un grand nombre d’oiseaux dont elle prend le plumage. Elle l’enveloppe dans de la craie. Elle choisit séparément les plumes qui sont en dessus et les douces et fines comme du coton qui sont en dessous. Elle en fabrique des fils bien unis, quelquefois mal, quelquefois bien tordus. Elle tord la plume, file le nequen avec le fuseau dont font usage les femmes otomi. Elle file au rouet la plume tordue. Elle travaille aussi 1a plume de poulet ainsi que .celle d’oie, de canard, de canard du Pérou, de canard sauvage et de poule.

La marchande d'herbes à manger plante quelques-unes d’entre elles; elle cueille les autres à la campagne en temps de pluie. N’importe l’espèce à laquelle elles appartiennent, elle vend toutes celles qui sont comestibles. Leurs noms se trouvent inscrits au chapitre vu du XP livre, comme sont le piment, les blettes, l’oseille, le cresson, le pouliot et bien d’autres herbes encore qui sont bonnes à manger.

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