‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 484 sur 704 · Breuvage doux, agréable · texte numérisé non relu

Breuvage doux, agréable

7. C’est-à-dire : eau (ali) du maxilaü ou tradescantia virginica, en espagnol maxUate.

HISTOIRE DES CHOSES

et l’on boira la décoction qui en sera faite en la mêlant avec du cacao ou du vin. Mais il sera nécessaire avant tout que le malade se clystérise avec les poudres de la racine appelée cacamotic, ou qu’il boive la décoction du bois d'iztacquauitl qui prospère à Quauhtitlan.

Il boira aussi une décoction faite avec la poudre de la queue d’un certain petit animal nommé tlaquatzin en prenant un peu de la queue du mâle et de la femelle pour les mêler ensemble, ou bien il boira l’eau de la racine appelée iztacaxixpalli avec du vin.

La maladie des hémorrhoïdes se traitera avec l’eau de la plante appelée Üetlemaitl, dont on boira quelques verrées. On se donnera en même temps un clystère avec la même décoction; il est entendu qu’il faudra pour cela que les hémorrhoïdes soient rentrées. Si elles étaient dehors, on pulvériserait ladite plante et l’on appliquerait la poudre par-dessus.

§ 5. — Des maladies et des remèdes qui leur sont contraires.

La maladie des bubas se traite en buvant une décoction de la plante appelée tletlemaill, en prenant en même temps quelques bains et en saupoudrant les parties malades avec la plante pulvérisée appelée tlalquequetzul ou même un peu de limaille de cuivre. Ces bubas sont de deux sortes ; les unes, très sordides, portent le nom de tlacaçolnanauatl ; les autres, qui sont moins repoussantes, s’appellent tecpilnanauatl et quelquefois puclionanauatl L Celles-ci font éprouver de grandes douleurs; elles rendent perclus des pieds et des mains et s’enracinent dans les os. Lorsqu’elles feront explosion au dehors, le malade prendra la bouillie de maïs mêlée d’une graine appelée michiuauhtli'^, ou bien la décoction déraciné de quauhtepatli, quatre ou cinq fois par jour, en ayant soin de prendre quelques bains. Si le malade devient perclus, il boira la décoction de racine de tlatlapanaltic ^ et se fera appliquer une saignée. Ces remèdes seront même mis en usage pour l’autre sorte de bubas dont j’ai déjà parlé.

Pour les dartres, lorsqu’elles ne sont pas très étendues, il faudra faire un emplâtre d'ocotzotl et l’appliquer plusieurs fois pour enlever les racines du mal. On fera ensuite usage de l’animal qui est une sorte d’escarbot nommé tlalxipiquüli * en mexicain; on l’exprimera sur la dartre et, cela fait, on appliquera un emplâtre d'ocotzotl mêlé avec la racine de tlalamatl ou bien on couvrira le mal avec la poudre verte de la plante appelée allepatli. Lorsque le malade se baignera, il se lavera avec la feuille d'iztcuinpatli

1. Tlacaçolnanauatl. Ces buhas sont larges et forment de grandes plaies; de tlacaçolli, glouton, intempérant. Les deux autres genres produisent de légers boutons et n’affectent point le visage ; ces mots sont composés de tecpUli, seigneur, et puchotl, bouton, unis à nanauall, buba. Voyez à ce sujet une note importante à la fin du volume.

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