De cococ, malade, souffrant, et patli, remède
5. De tzonlecomatl, tête coupée, séparée du tronc, et xochiü, fleur.
HISTOIRE DES CHOSES
quoi il sortira beaucoup de mucosité ou de sang coagulé. Si cela ne faisait pas de bien, il n’y aurait plus de remède.
Ceux qui sont irrités retireront profit de l’eau de la racine d’une plante appelée chichipilli et d’une autre qu’on nomme chichicaquilül mêlée avec la décoction de xocoatl. Il sera bon aussi que le malade se purge et boive ensuite une décoction de la racine des tomates qu’on appelle æaltomatl ‘ mêlée avec la racine nommée tacanalquilitl. La racine des susdites tomates est grosse; elle doit bouillir dans un asumbre =“ d’eau. Les grandes personnes pourront en boire une pinte et les enfants la moitié de cette dose. On boira également la plante appelée aitzlolin moulue et mêlée avec l’eau acidulée qu’on appelle xocoatl.
L’humeur des pieds qu’on appelle xoleteçonauiliztii^ se traite avec la plante nommée uei patli * qui croît à Tepepulco. On la pulvérise et on en applique la poudre sur les pieds. Ce même remède sera utile pour le gonflement des aines.
Les plaies doivent se panser avec la poudre d’un bois appelé chichicquauitl ‘ mêlée dans du blanc d’œuf.
§ 6. — Des remèdes pour les plaies, pour les fractures et pour les luxations des os.
Les fractures des os des pieds doivent se traiter par la poudre de la racine appelée acocotli et celle de tuna, que l’on mettra sur le point fracturé en l’enveloppant avec un linge. On placera ensuite quatre attelles ou tablettes tout autour de la fracture. On les serrera fortement au moyen d’un cordon pour faire sortir du sang corrompu. On pratiquera aussi une saignée sur les veines qui se joignent en sortant du gros orteil et de celui qui suit, afin que la pourriture ne s’empare pas de la blessure. Les tablettes se maintiendront en place pendant vingt jours. On posera ensuite un emplâtre d'ocotzotl avec des poudres de la racine de maguey et un peu de chaux. On pourra prendre quelques bains quand on se trouvera un peu soulagé.
Les luxations des mains ou des pieds se traitent en pressant fortement l’endroit luxé avec la main. On tire en même temps pour que l’os reprenne sa place. On moudra ensuite de la racine appelée cococpatli, on la mêlera avec de la poussière de charbon et on la placera sur l’endroit malade en refaisant l’application deux, trois ou quatre fois. Si la luxation se complique d’enflure et d’inflammation, on y pratiquera une saignée. Les entorses des tendons du cou devront se frotter doucement avec la main et il sera bon qu’on boive de l’eau de l’herbe réfrigérante appelée coaxiuitl ®. Par ce moyen, le sang se dissipe et ne se coagule pas sur place comme il aurait pu arriver. Il faudra en même temps extraire du sang sur l’endroit où l’entorse s’est produite.
Les plaies de la tête doivent se laver avec de l’urine chaude. Il faut y exprimer
1. Xalloinatt, de xalli, sable, et ¿omalí, tomate; (Sarancha denlala) genre de la famille des solanées.
2. Mesure pour les liquides, contenant un peu plus de 2 litres.
3. De xotl, pied, et leteçonauia, fendre, ouvrir; xotete çonauüiztli signifie particulièrement crevasse, engelure, mules aux pieds.