‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 491 sur 704 · De lepotzoili, bossu, et tlan, suffixe de noms de lieu · texte numérisé non relu

De lepotzoili, bossu, et tlan, suffixe de noms de lieu

2. De xiuill, turquoise, pierre précieuse, ci paca¡ laver, avec j/an, suffixe de noms de lieu.

façons de parler et de se saluer les uns les autres étaient comme il suit ; « Señor et señor mon frère aîné, ou señor mon frère cadet ». En place de serment ils se contentaient de dire : a C’est vrai, c’est ainsi, c’est bien reconnu », oui quand c’était oui, et non quand c’était non. Leur manger habituel avait pour base le même maïs d’aujourd’hui. Ils semaient et récoltaient la variété blanche, de même que celles qui ont d’autres couleurs. Ils s’en nourrissaient et ils en faisaient la base de leurs trafics comme on le fait d’une monnaie. Ils faisaient usage pour vêtements de mantas ou étoffes sur lesquelles des scorpions étaient dessinés en bleu. Leurs chaussures consistaient en cotaras bleues avec des courroies de même couleur. Les Toltèques étaient hauts de taille, beaucoup plus que ceux qui vivent aujourd’hui, et cette stature leur permettait de courir et de faire de longs trajets. Cela les faisait surnommer tlanquaccmilhuique^, ce qui veut dire qu’ils couraient un jour entier sans se reposer. Ils étaient également bons chanteurs et ils accompagnaient leurs chants et leurs danses de tambours et de grelots en bois qu’ils appellent ayacachtli. Ils composaient eux-mêmes de très beaux chants. Ils étaient très dévots et bons orateurs. Ils adoraient un seul Seigneur qu’ils tenaient pour dieu, auquel ils donnaient le nom de Quetzalcoatl et dont le grand prêtre s’appelait de même. Celui-ci était d’une grande dévotion et très attentif au culte de son dieu. Aussi était-il grandement estimé parmi eux. Ce qu’il commandait était toujours exécuté et ses sujets allaient même au delà de ses ordres. Il leur disait bien souvent qu’il y avait un seul dieu et seigneur appelé Quetzalcoatl et qu’il ne demandait pas d’autres sacrifices que ceux de serpents et de papillons. Comme d’ailleurs les Toltèques croyaient en sa parole et qu’ils n’étaient pas moins enclins aux choses du culte que le grand prêtre lui-même, et qu’au surplus ils étaient possédés de la crainte de leur dieu, ils ne s’écartaient jamais de ses ordres.

Le temps arriva même que Quetzalcoatl leur persuada qu’ils devaient sortir de leur ville de Tullan. Us l’abandonnèrent, en effet, par son ordre, quoiqu’ils y eussent établi depuis bien du temps leur demeure en y bâtissant des maisons belles et somptueuses, des temples et des palais avec la plus grande magnificence, de même qu’ils possédaient de grandes richesses dans tous les lieux où ils s’étaient répandus pour y fixer leur séjour. De partout ils effectuèrent leur départ, abandonnant leurs maisons, leurs terres, leurs villes et leurs richesses; car, ne pouvant point emporter celles-ci en totalité, ils en enfouirent beaucoup sous le sol, d’où on les retire aujourd’hui en se sentant pris d’admiration pour la supériorité de leurs œuvres.

Obéissant donc aux ordres de Quetzalcoatl, ils partirent, poussant devant eux, avec des difficultés infinies, leurs femmes, leurs fils, les malades et les vieillards, sans qu’aucun d’eux fît résistance à ce qui était commandé. Tous se mirent en route aussitôt que Quetzalcoatl lui-même sortit de Tullan pour gagner la région appelée Tlapallan d’où il n’est jamais revenu. Ils étaient fort experts en langue mexicaine, quoiqu’ils ne la parlassent pas dans la perfection qu’on lui connaît aujourd’hui. Comme ils étaient intelligents et adroits, ils acquirent promptement par leur activité des richesses qu’ils disaient tenir de leur dieu Quetzalcoatl. Aussi avaient-ils l’habitude de dire entre eux de celui qui s’enrichissait en peu

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