Chichimèques divins {leotl
laient aussi Çacachichimeca ou hommes des bois. Ils habitaient des lieux éloignés des grands centres de population, au milieu des campagnes, des savanes, des monts et des cavernes. Ils n’avaient point d’habitations fixes-, mais ils menaient une vie vagabonde. Quand la nuitles surprenait ils s’arrêtaient pour dormir en tout endroit où il y avait quelque caverne. Ils avaient un chef ou seigneur qui régnait sur eux et les gouvernait. C’était pour lui qu’il se livraient h la chasse. Lorsqu’ils tuaient un tigre, un lion, un chat sauvage, des lapins ou des chevreuils, ils lui en présentaient la viande et la peau. Ce gibier, par lequel ils reconnaissaient sa suprématie, servait à son alimentation. C’était comme un tribut que ses sujets lui présentaient en même temps qu’ils lui donnaient des arcs et des flèches. Ce chef avait pour tout palais des maisons en chaume ou simplement des cavernes. Il n’avait qu’une seule femme et tous les Chichimèques pareillement ne possédaient qu’un seule compagne. Chacun d’eux vivait comme à part avec elle et cherchait à se procurer le nécessaire pour la vie.
On dit que ces gens-lù ne commettaient jamais d’adultère. Rarement, — presque jamais — on découvrait quelqu’un coupable de ce crime. S’il s’en trouvait un, on le tuait. Tous les sujets du même chef étaient rassemblés dans le but de lui présenter le criminel avec sa complice. Il prononçait la sentence, d’après laquelle chacun des vassaux devait tirer quatre flèches sur les deux adultères.
Ce chef portait une manto de peau de chat sauvage, de tigre, de lion ou d’écureuil. Il ajustait sur sa tête une peau d’écureuil de façon que le museau de l’animal reposait sur son front tandis que la queue tombait sur la nuque. Il avait à la main un éventail rond en plumes rouges. Sa femme était vêtue d’un jupon et d’une chemise faits avec les mêmes peaux. Les autres femmes portaient aussi une jupe et des péplums en peaux d’animaux, et elles étaient, pour l’ordinaire, armées de l’arc et du carquois. Lorsqu’ils étaient en route, ils tenaient toujours leurs armes. Quand ils se couchaient pour dormir, ils les plaçaient à leur chevet, prétendant qu’elles faisaient la garde pour eux. Leurs chaussures consistaient en cotaras de feuilles de palmier. Le lit où le chef dormait et la chaise où il s’asseyait étaient en peaux de tigre et de lion arrangées avec art. Un grand nombre de Teochichimèques formaient sa garde. Tous en général étaient vêtus de peaux de chevreuils ou de chacals. Mais personne ne se couvrait de peau de lion. Les Teochichimèques étaient lapidaires. Ils savaient choisir l’obsidienne et l’élaborer pour en fabriquer des pointes de flèches. Ils avaient l’habitude de porter des miroirs qui leur pendaient à la ceinture. Quand ils étaient en marche, ils avançaient en rang l’un après l’autre à la suite de celui qui servait de guide, lequel, ainsi que tous les autres, portait par derrière le miroir attaché à la taille dans lequel se mirait celui qui venait après lui. Ils travaillaient et taillaient très bien les pierres bleues ou turquoises, appelés teoxiuitl *, avec lesquelles ils fabriquaient des bijoux, des colliers, des bracelets et des oreillons de différentes formes. Ils avaient une grande connaissance des plantes et des racines, de leurs qualités et de leurs vertus. Ils furent les premiers à découvrir et à mettre en usage la racine