‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 495 sur 704 · Pluriel de llaciuhqui, astrologue · texte numérisé non relu

Pluriel de llaciuhqui, astrologue

Les Otomi, quand ils étaient enfants, se rasaient la tête et laissaient pousser quelques cheveux seulement près de la nuque, qu’ils appellent piochtli. Ils avaient l’habitude de faire un trou à leur lèvre inférieure ainsi qu’à leurs oreilles. Ils mettaient à leurs lèvres une mentonnière et aux oreilles des pierres précieuses et autres objets ressemblant à des anneaux. Quand ils arrivaient à l’âge qui les faisait hommes, ils coupaient ras leurs cheveux en arrière, depuis l’occiput jusqu’au milieu de la tête et les laissaient pousser partout ailleurs. Ils prenaient alors le nom de piocheqite^. Ceux qui étaient seigneurs ou hauts fonctionnaires portaient à la lèvre une mentonnière d’émeraude, de nacre, d’or ou de cuivre. Ceux qui s’étaient distingués à la guerre avaient des oreillons d’or, de cuivre, de nacre, de pierres dont on fait les miroirs ou de turquoises ornées de mosaïque. Les autres, en général, portaient des mentonnières en cristal, en obsidienne ou en fausses émeraudes, et ils avaient aux oreilles des ornements analogues ou bien fabriqués avec la terre cuite bien polie, quelquefois même en bois de roseau, ce qui était considéré comme la plus vile parure des oreilles. Les femmes se rasaient la tète quand elles étaient enfants. A l’âge de jeune fille, elles laissaient pousser leurs cheveux sans nul apprêt, et elles les coupaient ras seulement sur le front, à la mode des hommes. Quand elles étaient tout à fait femmes et avaient eu des enfants, elles faisaient la toilette de leur chevelure; elles portaient des boucles d’oreilles et elles se faisaient sur la poitrine et sur les bras des dessins de couleur bleue au moyen de petits instruments qui fixaient cette couleur dans les chairs. Leur manger consistait en maïs, haricots, piments, sel et tomates. Ils faisaient usage aussi de tamalli rouges appelés xocotamalli et de haricots bouillis. Ils mangeaient également des petits chiens, des lapins, des chevreuils et des taupes.

g 5. — Des défauts et mauvaises qualités des Otomi.

Les Otomi étaient gauches, rustres et maladroits. Quand on gronde quelqu’un pour sa gaucherie, on a l’habitude de lui dire par méchanceté : «Que tu es sot, tu

es bien Otomitl\ tu ne saurais comprendre ce qu’on te dit Tu es peut-être un

vrai Otomitl? Ce n’est pas que tu lui ressembles; seulement, tu l’es bien tout à fait. » Cela se disait comme une injure à celui qui était grossier et sot pour lui reprocher son peu d’intelligence et son manque d’habileté. Le clinquant excite leur envie. Ils désirent à ce point les objets qui leur paraissent jolis qu’ils les achètent sans en avoir nul besoin. Ils étaient recherchés dans leurs vêtements, ayant pour habitude de se parer de tout ce qu’ils voyaient chez les autres et, lors même que c’était le propre des grands seigneurs et des hauts employés d’en faire usage, ils s’en revêtaient en se l’ajustant si mal et avec si peu de goût qu’on ne trouvait rien de mieux pour les injurier que l’appellation à'Otomi. Les femmes ne faisaient pas autrement. Elles se couvraient de n’importe quelle étoffe qui leur tombait sous la main ; mais elles ne savaient se vêtir avec goût ni de leurs jupes ni de leurs péplums. Leur désir de s’attifer était tel que les Jeunes filles se paraient les bras, les pieds et les jambes de plumes rouges, se fardaient le visage avec un vernis jaune appelé tecoçahuitl et se teignaient

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