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Qui ont de longs cheveux sur la nuque {piochtli

HISTOIRE DES CHOSES

les dents en noir, faisant ensuite sur le vernis des dessins en couleur. Les vieilles se coupaient ras quelques cheveux sur le front à la manière des hommes et se peignaient comme les jeunes filles. Elles s’emplumaient les pieds, les jambes et les bras de la même manière, se teignaient les dents en noir et se fardaient le visage comme elles. Quoique déjà vieilles, elles faisaient usage, comme les jeunes filles, d’élégantes étoffes bariolées pour leurs jupes et leurs péplums. Les Otomi étaient très paresseux. Quoiqu’ils fussent robustes, capables d’efforts et bons laboureurs, ils ne s’appliquaient guère à gagner leur vie par un travail soutenu; car, aussitôt qu’ils avaient labouré leurs terres, ils s’en allaient vaguant sans rien faire en aucun autre genre d’occupation. Ils s’amusaient seulement à chasser des lapins, des lièvres, des cailles et des chevreuils avec des fdets, des flèches, de la glu et autres ingrédients dont ils avaient l’habitude de faire usage. Ils s’occupaient aussi de châtrer les magueys, afin de recueillir la sève pour la boire ou en faire du pulque. Ils s’enivraient volontiers chaque jour et cherchaient leur passe-temps dans des visites aux dépôts des cabaretiers. Lorsque les pieds de maïs étaient déjà grands et commençaient à donner des épis, ils s’empressaient de cueillir les plus petits de ceux-ci pour les manger ou pour les vendre en échange de viande, de poissons et de vin du pays. Ils faisaient de même avec des calebasses et les piments verts de la saison d’été. Lorsque le maïs était mûr ils faisaient disparaître tout ce qu’ils pouvaient des gros épis pour servir à l’achat de ce dont ils avaient besoin et en les mangeant bouillis et sous forme de tortillas et de tamales. Quand venait le moment de la récolte, ils n’en recueillaient que fort peu, parce qu’ils les avaient dépensés ou mangés avant leur complète maturité. Après avoir récolté le peu qui restait, ils achetaient des poules et des petits chiens pour les manger ; ils faisaient un grand nombre de tamales rouges avec leur maïs et, à la suite de ces apprêts, ils s’amusaient à banqueter en s’invitant les uns les autres. Après le manger, ils buvaient leur vin et, de la sorte, ils dépensaient en bien peu de temps ce qu’ils avaient récolté. Ils se disaient les uns aux autres ; « Que tout notre maïs s’achève, et nous aurons ensuite recours aux herbes, aux tunas et aux racines )j. Ils prétendaient que leurs aïeux avaient dit que le monde était ainsi fait, qu’un jour l’abondance était excessive et qu’un autre jour manquait le nécessaire. On avait pris l’habitude dans le pays d’injurier celui qui mangeait son bien en peu de temps en disant qu’il dépensait à la manière des Otomi, ce qui équivalait à dire qu’il agissait en animal.

Les Otomi mangeaient les zorrillos qui puent, des serpents, des loirs, des rats de toute espèce, des belettes, des reptiles de la plaine et de la montagne, des lézards de toute sorte et différentes variétés de frelons et de sauterelles. Beaucoup de leurs femmes savaient fabriquer de très belles broderies sur les manias, les jupes et les uipilli qu’elles tissaient avec beaucoup de goût. Elles faisaient ces travaux avec du fd de maguey qu’elles retiraient des feuilles. Elles le fdaient et savaient en faire des tissus avec de beaux dessins. Mais elles n’en confectionnaient guère de compliqués, bien qu’elles fussent aptes à les fabriquer de toutes façons, et cela afin de les pouvoir vendre à bas prix.

Les Otomi adoraient deux dieux. Ils appelaient l’un d’eui Olonteculli ' . Ce fut

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