‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 497 sur 704 · De Olomill, eXleculli, seigneur · texte numérisé non relu

De Olomill, eXleculli, seigneur

le premier seigneur qui gouverna leurs aïeux. Ils appelaient l’autre Voccipa et ils lui faisaient une plus grande fête qu’au premier. Quand ils voulaient la célébrer, ils allaient coucher et se réjouir en rase campagne et ils y vivaient pendant quatre jours. Us préparaient pour cette solennité toutes sortes de mets et de boissons. Ils y faisaient de fortes dépenses en tamales rouges et en tortillas faites avec un mélange de maïs et de miel. C’était leur plus grande fête. On appelait Totopaina, Yocippa totoca' le jour où elle se célébrait. Leurs dieux principaux étaient ceux que nous venons de nommer. Mais ils en avaient un troisième qu’ils appelaient Atetein. Ils avaient l’habitude d’aller prier et faire des sacrifices sur les hauteurs des montagnes.

Il était de coutume chez les Olomi que les garçons se mariassent à un âge fort tendre. Il en était de même pour les femmes. On donnait aux enfants mâles des fillettes de leur âge qu’on cherchait pour en faire leurs femmes. On demandait leurs filles à ceux qui régnaient, gouvernaient, et étaient les chefs de l’administration. Lorsque quelqu’une d’entre elles était déjà formée, sans qu’on en eût fait la demande, ils la donnaient en cadeau, quelquefois parce qu’elle demandait elle-même un mari, afin que sa vie ne finît pas sans qu’elle laissât après elle des enfants. On prétend que si l’homme, passant la nuit avec la femme, ne comptait pas jusqu’à dix avec elle, celle-ci en était mécontente et ils se séparaient. D’autre part, si la femme était trop faible pour subir huit ou dix fois l’approche de l’homme, le mécontentement s’en suivait et elle était bientôt abandonnée.

Telles sont en somme la vie et les mœurs des Otomi.

§ 6. — Des Matlatzinca, Quaquata et Toluca.

La dénomination de Matlatzincatl est prise de matlatl, filet qui servait à l’opération de l’égrénage du maïs et à bien d’autres choses encore. Ceux qui s’appelaient Matlatzinca avaient, en effet, l’habitude d’égréner leur maïs en mettant dans un filet les épis qu’ils soumettaient ainsi à un battage. Les objets qu’ils chargeaient sur leur dos n’étaient pas placés dans un sac ordinaire, mais dans un filet qui renfermait un peu de paille afin d’empêcher que le contenu pût s’échapper à travers les mailles. On les appelle Matlatzinca, comme dérivant également du mot tematlatl^ qui veut dire fronde. D’où il résulterait que cette dénomination, interprétée diiféremment, signifierait gens armés de frondes. 11 est certain, en effet, que les Matlatzinca, dès leur enfance, avaient la coutume de porter la fronde sur eux comme les Chichimeca leurs arcs, et ils lançaient sans cesse des pierres avec elle. Si leur nom dérivait du mot qui signifie filet, c’est principalement pour cette raison que, lorsqu’ils voulaient sacrifier quelqu’un à leur idole, ils l’entouraient d’un filet dans lequel ils le serraient jusqu’à lui faire sortir les boyaux.

L’habitude d’appeler quatlatl un seul individu et quaquata plusieurs ensemble,

1. Tolujjuina, oiseau [loololl] qui court (/;aùia) j — Yocippa loloca, c’est-à-dire: Yocippa qui va rapidement [totoca),

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