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De coloa, tordre, presser, écraser

Les Maçaoaque sont distincts des autres, quoiqu’ils vivent en un district de Toluca dans le village de Xocotillan. Leur langage diffère, mais ils ont les mœurs et coutumes des Tolucains, avec quelque grossièreté d’allures et des aptitudes restreintes. Les vieilles femmes se fardent comme les jeunes avec le vernis tecoçahuill ou d’autres fards colorés ; elles se couvrent de plumes les bras et les jambes et elles se livrent à la danse en faisant sonner les grelots appelés ayacachtli. Les hommes de ce pays ont l’habitude de porter sur eux ces mêmes grelots et, quand ils ont l’occasion de faire quelque fête ils s’entourent la tête d’une courroie à laquelle ils attachent une de ces sonnettes. Ils s’adonnent beaucoup au labourage et ils sont forts et très résistants. Il fait très froid dans leur pays, car il vivent au pied d’une sierra neigeuse qu’ils appellent Xocotepetl. Leur nom de maçaoa leur est resté de celui de leur premier chef; mais ils appartiennent à la race chichimèque.

Les Totonaca habitent vers le nord du pays. Ils se disent Gnaslèques. Ils ont le visage long et la tête aplatie. La chaleur est très forte dans leur pays. Les denrées et les fruits y croissent en abondance. Il n’y a point de cacao ni de uei nacaztli, mais beaucoup de liquidambar ou de racines odorantes qu’on appelle œochiococoll. Actuellement déjà les fruits de Castille y sont très communs. On y fait des petates et des sièges de feuilles de palmiers peints en couleurs. On y récolte le coton et même une espèce de ce produit appelé Guaichcatl, qui pousse en arbre. Ils ont des mœurs civilisées; les hommes se couvrent de bonnes étoffes et de ceintures ; ils font usage de chaussures, ornent leur cou de colliers; ils portent de beaux plumages, se servent d’éventails et de bien d’autres minuties, dont ils s’ajustent avec goût en faisant usage de miroirs. Les femmes revêtent des jupes peintes et de vraies chemisettes. Elles sont proprettes et recherchées en toutes choses. Parce qu’elles se disaient Guastèques, elles avaient l’habitude d’orner d’oripeaux leurs jupes et leurs chemises. Quelques-unes d’entre elles portaient un vêtement appelée camitl qui est un uipilli fabriqué en filet. Ce que nous venons de dire des habitudes d’habillement se rapporte aux hauts personnages et à leurs femmes. Les autres personnes s’habillaient différemment. Les femmes du peuple portaient des jupes rayées de bleu et de blanc. Les cordons qu’elles ajoutaient aux tresses de leurs cheveux étaient de couleurs diverses et tordus avec de la plume. Quand elles allaient aux marchés, elles s’habillaient coquettement. Leur adresse était très grande dans le métier de brodeuses. Les hommes et les femmes ont le teint blanc et se distinguent par la beauté du visage. Ils sont bien plantés et de bel aspect. Leur langage diffère de celui de leurs voisins, quoique quelques-uns d’entre eux parlent l’oiomi et d’autres le nahuatl ou mexicain et même la langue guastèque. Ils chantent bien et dansent avec grâce en faisant des mouvements attrayants. Ils font usage de mets savoureux préparés avec propreté. C’est de leur pays que viennent les bons pâtés de poules, nacatamalli. Leurs tortillas étaient de la longueur du bras en rond. Leur manger principal était le piment moulu dont ils frottaient les tortillas chaudes, à leur sortie du comal, et ils les mangeaient réunis en commun.

HISTOIRE DES CHOSES

§ 8. — Qui sont les Cuexteca, Toueyome et Panteca ou Panoteca.

Ces différentes dénominations dérivent de .a province de Cuextlan, dont les habitants s’appellent Cuexteca au pluriel et Cuextecatl au singulier. On les nomme aussi Toueyome^ et Toueyo, ce qui veut dire notre prochain. On leur donnait encore le nom de Panteca ou Panoteca^ , c’est-à-dire hommes d’un lieu de passage. Ceux-là vivent dans la province de Panuco , proprement appelée Pantlan ou Panotlan, pour Panoayan qui veut dire où l’on passe. Ce lieu se trouve placé sur le bord de la mer et l’on dit que la raison qui fit donner à ses habitants la dénomination de Panoayan, c’est que les premiers hommes qui vinrent coloniser ce point du Mexique arrivèrent au port avec des navires dont ils s’étaient servis pour traverser la mer. Ce fut cette traversée qui fut l’origine du nom de Pantlan, autrefois Panotlan, pour Panoayan qui, comme on l’a déjà dit, signifie lieu où l’on passe par la mer. Il fait très chaud dans cette partie du pays. On y produit toutes sortes d’objets de consommation et beaucoup de fruits qui ne se trouvent point ici, comme par exemple celui qu’on appelle quequexquic et beaucoup d’autres admirables, sans compter les patates. 11 y a également toutes les variétés de coton, des arbres, des fleurs, des roses. Cela a fait surnommer le pays Tonacatlalpan'', ou lieu de subsistances, autrement dit Xochitlalpa7i ou pays des roses.

Les habitants ont le front large et la tête aplatie. Ils portaient leurs cheveux teints de couleurs diverses, les uns jaunes, les autres rouges ou d’autres nuances différentes. Quelques-uns les laissaient pousser fort longs sur la nuque. D’autres les coupaient différemment. Ils faisaient des trous dans leurs dents, les aiguisaient en pointe. Ils ornaient leurs bras de bracelets en or, leurs poignets de chalchiuitl, leurs jambes de chaussons de plumes. Ils plaçaient sur leur tête, près de l’oreille, des plumes façonnées en petit éventail et sur leur dos un plumage rond ressemblant à de grands émouchoirs en palmier, quelquefois aussi de longues plumes rouges formant roue, ou de grands éventails également en plumes rouges. Ils avaient l’habitude aussi de porter des arcs avec des flèches amincies et très polies qui avaient des pointes en obsidienne ou en pierre dure. Ils coupaient la tête à tous les captifs faits à la guerre. Ils les emportaient après avoir abandonné le corps entier et ils les exposaient en bon ordre avec leur chevelure, en signe de victoire. Leur coutume est d’aller fort bien vêtus. Leurs étoffes et leurs mantas sont très soignées et enjolivées de beaux dessins, car c’est chez eux qu’on fabrique les manias appelées centzontilmalli centzonquachtli*, ce qui veut dire mantas de mille couleurs. C'est de là qu’on apporte les manias sur lesquelles se trouvent peintes des têtes de monstres, ainsi que celles qui portent des dessins de remous enchevêtrés les uns dans les autres. Les travail-

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