De çoquill, boue, et acolín, caille equatique
HISTOIRE DES CHOSES
comme celles d’Espagne, qui se reproduisent, chantent et volent comme ces derrières.
Il y a aussi une espèce d’oiseaux appelés aztatl*. En certains points de l’Espagne, on les nomme dorales, tandis qu’ici les Espagnols les appellent hérons blancs. Ils sent, en effet, blancs comme la neige. Ils ont peu de chair. Leur cou est long et recourbé; leur bec courbe, mince et noir. Ils ont les jambes longues et noirâtres, et la queue courte. On ne remarque en eux aucune autre nuance. Ils portent des bouquets de plumes aux cuisses et aux aisselles. Ils se nourrissent de poissons. Leur chair n’est pas comestible.
Il y a dans ce pays un oiseau appelé axoquen * qui a la même couleur que les grues, mais qui est de beaucoup plus petite taille. Il a les jambes et le bec allongés; il nage dans l’eau comme un poisson et il en a l’odeur.
11 existe des coqs et des poules sauvages qui ressemblent à l’espèce domestique, tant par la taille que par le plumage et tout le reste. Ils sont très bons à manger et ils habitent les bois.
Il y a dans ce pays un oiseau aquatique appelé atotolin, ce qui veut dire poule d’eau*; on la dit être la reine des oiseaux aquatiques. Elle vient à la lagune de Mexico en même temps que tous les autres oiseaux de passage, c’est-à-dire au mois de juillet. Elle a la tête grosse et noire, le bec jaune, arrondi et long d’un empan. Son poitrail et son dos sont blancs, sa queue et ses jambes courtes; ses pattes, de la largeur d’un empan, sont presque directement attachées au reste du corps qui est gros et allongé. Ses ailes et ses plumes sont courtes. Cet oiseau ne se réfugie point au milieu des plantes aquatiques. 11 se tient au large sur l’eau dont on le dit être le cœur, parce qu’il en occupe le centre et apparaît rarement sur les bords. Il submerge les embarcations avec les gens qui les montent; parce qu’il crie, dit-on, en appelant le vent, qui vient avec furie et produit ces désastres.
Voici ce qu’on fait lorsqu’on veut le prendre. Les chasseurs poursuivent cet oiseau pendant deux ou trois jours; c’est généralement au troisième jour qu’on peut parvenir à s’en emparer. Si l’on n’y parvient pas, tous les chasseurs se réunissent le quatrième jour et vont à lui après s’être préparés à mourir , car leur poursuite se limite à quatre journées, pendant lesquelles Vatotolin les attend à la surface de l’eau et les voit approcher sans les fuir. S’ils ne réussissent pas à le prendre avant le coucher du soleil du quatrième jour, ils se tiennent pour vaincus et s’attendent à la mort, parce qu’ils ont épuisé le temps où ils pouvaient s’emparer de leur proie. Ce terme étant passé, cet oiseau commence à lancer des cris de grue en appelant le vent pour qu’il vienne les submerger. Celui-ci se précipite, en effet, et soulève les vagues. Les oiseaux aquatiques crient de toutes parts ; ils s’assemblent en troupes et battent des ailes, tandis que les poissons viennent à la surface des eaux. Dès lors, les chasseurs ne peuvent échapper, quoi qu’ils fassent; leurs bras se paralysent, ils sont submergés et se noient.
Mais si, au lieu de ce dénouement, les chasseurs réussissent à prendre l’oiseau dans les quatre journées, ils le saisissent par le bec, le mettent dans l’embarca-
1. Kingsborough ajoute ; ou tenaztatl; de tentli, bec et aztatl, héron.