‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 532 sur 704 · De coyoLli, grelot, et totoll, oiseau · texte numérisé non relu

De coyoLli, grelot, et totoll, oiseau

2 fc Qui a quatre cents voix •; de cenlzonlli, quatre cents, et Ualolli, paroles. C’est l’oiseau du genre merle, connu sous le nom de moqueur.

Il y a un autre petit oiseau de couleur d’un vert tendre. Il chante très bien, d’un son très agréable.

Il y a dans le pays un oiseau appelé chiquimolin. Il est de la taille d’un étourneau et ressemble au pic d’Espagne quant à ses mœurs. Il porte sur la tête une huppe d’un rouge pâle. Son bec est blanc et les plumes de presque tout le corps sont noires teintées de gris. La partie antérieure du cou est jaune. Ses pattes ressemblent à celles de l’étourneau. Il mange des vers qui procréent sous l’écorce des arbres. Il fait son nid dans le bois même des arbres, dans lequel il fait un trou avec son bec. Il pousse un cri clair et aigu. Il gazouille; quelquefois il siftle et même il jabote comme si plusieurs oiseaux étaient ensemble. Lorsqu’il crie comme une souris, c’est signe de colère et les Indiens y voient un mauvais augure. Ils disent alors ; « Le chiquimolin crie contre nous ; fais attention; tiens-toi pour avisé que quelque malheur doit nous arriver. » Quand il siffle, au contraire, on y voit un heureux présage et les voyageurs qui l’entendent disent : « Le chiquimolin siffle; il va nous arriver quelque bonne chance. » On est dans l’habitude de dire aux hommes et aux femmes qui se querellent qu’ils sont des chiquimolin, parce qu’ils élèvent la voix les uns contre les autres. Lorsque quelqu’un venant du dehors entre quelque part où plusieurs personnes réunies se réjouissent, et commence à chercher dispute à quelqu’un sans motif, on est dans la coutume de lui dire : « Va-t’en d’ici, chiquimolin. *

Il y a dans le pays un oiseau appelé chachalacametl ' . 11 est de la taille d’un geai. Son corps est couvert d’une plume d’un jaune brun. Sa queue est teintée de'noir et de blanc. Il mange du fruit et du maïs moulu. Il procrée au haut des arbres. Il chante en été, et c’est pour cela qu’on l’appelle chachalacamell. Lorsque plusieurs de ces oiseaux se réunissent, aussitôt que l’un d’eux commence à chanter tous les autres l’imitent. Cet oiseau porte de petites taches au cou, qui forment collier, comme la poule du pays. 11 chante trois fois dans la nuit, comme le coq de Castille. On dit qu’il se réveille pour faire lever ceux qui dorment.

§ 9. — Des coqs et des poules de ce pays.

On appelait totollin les poules et les coqs de ce pays. Ce sont des volatiles domestiques bien connus. Ils ont la queue ronde et de grandes plumes aux ailes, quoiqu’ils ne volent point. Us sont très bons à manger et leur chair est la meilleure de tous les oiseaux. Ils mangent du maïs mouillé lorsqu’ils sont petits, ainsi que des blettes cuites et moulues et plusieurs autres plantes herbacées. Ils pondent des œufs et en font éclore des poussins. Leur couleur est variée; il en est de blancs, de roux, de noirs et de gris. On appelle le mâle uexolotl; il porte un grand jabot; son poitrail et son cou sont charnus. Il a un collier rouge et sa tête est d’un bleu particulier. Quand il se met en colère, il fronce les sourcils. Une masse charnue s’abat sur son bec. Il bouffe, s’enfle, hérisse ses plumes. Lorsqu’une personne en veut à une autre, elle donne à manger à celle-ci

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