De metlapilli, pilon, et coall, serpent
3. De palanqui, pourri (du verbe palatii), et coati, serpent.
HISTOIRE DES CHOSES
Il y a un autre serpent appelé ccacoatU. Il n’est pas très gros, mais fort long. Il atteint parfois trois ou quatre brasses. Il est jaune et rouge avec des rayures blanches et vertes sur le dos. Il n’est point venimeux, mais si on lui fait mal ou s’il fait sa chasse, il s’entortille autour de sa proie et la tue en la serrant. On l’appelle ecacoat/, ce qui veut dire « serpent de vent », parce que, quand il veut se rendre quelque part, il va comme le vent en se tenant debout sur sa queue, soit qu’il avance sur la terre nue, soit qu’il serpente sur l’herbe. On dirait aussi que partout où il passe il soulève autour de lui un petit air très fin.
11 y a un autre serpent qu’on appelle tzoalcoaü'^. Il n’est ni gros ni long et n’a ni grelot ni dent. Il est d’un gris foncé. Il n’a point de venin et ne fait mal à personne. 11 a peu<le vivacité.
g 6. — D'autres serpents monstrueux arec des propriétés étranges.
11 existe un autre serpent de taille moyenne appelé cincoall. Il n'a point de grelot et ne mord pas. Il est d’un gris mêlé de jaune et de rouge. Sa tête est large et sa bouche grande. Il ne fait pas de petits; mais il prépare son nid, y pond des œufs et les fait éclore. Il s’entortille au corps de celui qu’il veut tuer; il pique de sa langue et il avale; mais il n’a pas de venin. Le texte nahuatl reproduit ici ce qui arriva au coijotl avec ce serpent, parce qu’il était, dit-on, do cette espèce
Il existe de petits serpents presque aussi minces qu’un cheveu. Ils marchent en se recoquillant. On en voit rarement.
Il en existe d’autres qu’on nomme mecacoatl'^. Ils sont de la grosseur du pouce; mais on ne saurait dire quelle en est la longueur, car, lorsqu’on les aperçoit on ne parvient jamais à en voir la fin. Ils habitent les terres chaudes en des lieux rocailleux et couverts de bruyères, ainsi que dans des bois épais.
Il y a un autre serpent appelé tetzmolcoatl. II ressemble au cincoatl en longueur et en grosseur. Il est d’un vert piqueté de gris. Il est très venimeux et se précipite sur les gens avec la rapidité du vol. Il s’entortille au cou et tue. Il serre si fort qu’on ne peut s’en défendre, que la victime soit un animal ou un homme.
Il existe un autre serpent nommé quetzalcoatl. Il y en a beaucoup dans la terre chaude de Totonacapan. Il est de taille moyenne, à peu près comme les couleuvres d’eau. On l’appelle ejuetzalcoatl parce qu’il forme des plumes semblables aux plumes riches appelées quetzalli. Il en porte au cou qu’on nomme tzinitzean. Elles sont petites et d’un vert clair. Il porte à la queue et sur ses anneaux des plumes pareilles à celles de l’oiseau nommé xiuhtotoll qui est bleu. Le poitrail de ce serpent est rouge. Ün le voit rarement et on ignore de quoi il se nourrit. Quand on le voit, c’est qu’on va en être mordu. Or, son venin est mortel : celui qui en est atteint meurt subitement. Cet animal vole quand il veut mordre, et, cela fait, il meurt aussi parce qu’il rend en une fois tout son venin avec la vie.