De azcatl, fourmi, et molli, ragoût
3. Ce reptile est grand et dangereux. Kingsborough écrit tzicanantli, qui est formé de tzicatl, fourmi, et nantii, mère; en composition nomun, ma mère ; inan, sa mère ; etc.
Il y a d’autres fourmis qui habitent les terres chaudes. Elles détruisent les arbres et tout ce qu’elles rencontrent. Elles marchent en escadrons comme les gens de guerre. C’est un animal très destructeur.
Il en est d’autres qu’on appelle necuazcatl^, c’est-à-dire fourmis de miel. Elles habitent sous terre et portent à la queue une petite vessie, transparente comme un grain d’ambre, remplie d’un miel e.xcellent qui se mange comme celui de l’abeille.
§ 10. — D'autres reptiles du pays.
Il y a dans ce pays un ver qui, dans la Vieille-Castille, s’appelle carraleja et qui y habite les vignes. Il est très venimeux. Ici sa morsure est mortelle. On l’appelle tlalxiquipüli.
Il y a aussi de petits cancrelats qui naissent sous terre. Ils ont quatre pieds. Ils sont les uns rouges, les autres blanchâtres ou tout à fait blancs. Ils habitent les lieux humides, ne sont pas venimeux et ne font aucun mal.
Un certain animal qui fréquente les chemins ressemble au petit lézard, un peu plus large cependant. Il a des épines sur divers points du corps et une plus grande à la queue. Il est de couleur grisâtre. Le mâle s’unit à la femelle à la manière de l’homme avec sa compagne. La femelle meurt en mettant bas, parce que ses petits sortent par une ouverture qui se forme dans son ventre. Ils se mettent immédiatement en mouvement à la recherche d’une plante qui pousse sur les routes et qui s’appelle memeya-, parce qu’il s’en écoule du lait quand on la brise. C’est avec ce suc que ces petits animaux se nourrissent, et, quand ils sont plus grands, ils mangent des mouches.
Il y a dans ce pays de certains vers qu’on appelle coyaçaoal, qui existent aussi en Espagne où j’ignore comment on les nomme. Ils sont les uns jaune foncé, les autres rouges, d’autres encore blanchâtres ou gris foncé. Ils sont longs comme la moitié du doigt et gros tout au plus comme une plume de poule castillane. Ils ont un grand nombre de pieds. Quand on les touche ils se recoquillent et restent immobiles. Ils ne mordent point et ne font aucun mal ; mais ils donnent la mort, dit-on, à celui qui les mange. On en fait usage en médecine contre le mal de dents en les appliquant sur la joue. La douleur cesse aussitôt.
Il y a dans ce pays d’autres vers qu’on appelle tlalomitl ce qui veut dire <t os de la terre ». On les appelle ainsi parce qu’ils sont blanchâtres, durs et luisants. Ils sont petits et se cachent toujours sous le sol. Ils ne s’enroulent jamais et ils restent toujours droits. Ils ne sont ni venimeux ni nuisibles. Ceux qui sont impuissants pour l’acte charnel les mangent crus et ils recouvrent la puissance.
Il y a de petits escarbots blanchâtres. Ils ne font ni du bien ni du mal. Il y en a aussi qui ressemblent à ceux de Castille. Ils s’amusent à faire des boules d’excréments et ils les font rouler; quelquefois deux eiisemble. Ils ne sont ni