De amatl^ papier, et quauill, arbre
HISTOIRE DES CHOSES
repousse à nouveau. Il y a aussi un certain arbre sauvage dont le bois est à la fois dur et léger. On en fait des tasses et des coupes.
Il est un arbre d’où découle la résine blanche appelée copal qui est l’encens offert aux dieux par les Mexicains. On en vend actuellement beaucoup dans les marchés, parce qu’il est employé comme remède et est bon pour un grand nombre de choses. Il se produit dans les provinces de Tepequacuilco, Youala et Couixco. Il existe un autre arbre appelé ocolzoquauül *. Il est haut, gros, et porte des feuilles comme l’alisier. Il en découle une résine que l’on emploie dans les roseaux qui servent à fumer. Un autre arbre qu’on nomme ulquauitl - est grand, haut et très touffu. Il en découle une résine noire qu’on appelle ulli. Elle est très médicinale et s’emploie contre presque toutes les maladies. C’est un remède pour les yeux, pour les abcès et pour les suppurations. On la prend avec du cacao. Elle est utile pour l’estomac, les intestins, pour les pourritures intérieures et pour la constipation. Cette résine devient très élastique. On en fait des pelotes ù jouer, qui sautent plus que des balles faites avec du vent.
Il y a d’autres arbres rouges dont le bois sert à teindre le tochomitl. Ils sont de la grandeur d’un pêcher. Leurs feuilles ressemblent à celles de l’arbousier. Ce mot de quauitl s’emploie pour désigner un arbre vert qui fait sa croissance et qu’on arrose. Il signifie aussi arbre devenu grand et même vieux. Les particularités relatives aux arbres qui naissent et croissent sont longuement détaillées dans le texte nahuatl.
% k. — Des différentes parties d'un arbre, comme racines et branches.
Les différentes parties d’un arbre sont les suivantes : racines grosses, minces, rondes ou renflées. Ces racines poussent sous terre, s’enfoncent profondément ou s’étalent près du sol; c’est par elles que l’arbre reçoit sa croissance. La souche est grosse et ronde, l’écorce en est rude et c’est d’elle que les racines partent en toutes directions. Le point où celles-ci prennent naissance est dur et enflé. La terre l’étreint de tous côtés. Les racines le fixent au sol. C’est sur cette souche que l’arbre tout entier s’appuie, puisque c’est sur elle que tout le reste s’étale.
Les autres parties, c’est-à-dire le tronc, les enfourchures, les nœuds, les rejetons, les branches, la cime, les bourgeons, les tiges et la moelle; ainsique toutes les autres dénominations, sont clairement exprim.ées dans le texte nahuatl.
§ 5. — Des arbres qui restent sur pied ou gisent étendus sur le sol, et du bois travaillé pour construire.
Les arbres secs qui sont debout ou tombés par terre s’appellent quauitl. On peut les travailler. Quelques-uns sont employés pour la teinture; d’autres sont fendus et destinés à brûler; d’autres encore sont mis à profit pour des solives
1. De ocolzoll, résine, et quauitl, arbre. C’est sans doute Vocozotl ou liquidambar sliraciflua (Hamamelidées).
2. C’est-à-dire : arbre [quauitl) qui produit la gomme brune ou noire (ulli, c’esl-à-dirc le caoutchouc mexicain).
DE LA NOUVELLE-ESPAGNE, et des planches. Il y a un arbre dont on fait des planches et dont le bois brûle parfaitement; on l’appelle tlatlapantli ' , qu’il soit vert ou sec. Les planches portent le nom de uapalli. Les unes sont minces, les autres épaisses, quelquesunes plates, les autres concaves.
Les madriers sont gros et larges ; les uns longs, les autres courts. Il y a des bois dont on fait des cerceaux pour les cribles. Ce sont des tablettes minces et souples. On en fait aussi des cercles. Il y a des soliveaux de toute sorte, gros, minces, etc.; des madriers forts, de grosses planches longues et résistantes. En un mot, on fabrique tout ce qui se peut faire avec du bois, ainsi que cela se voit dans le texte nahuatl.
§ 6. — Des choses qui se rapportent aux arbres, et des arbres euæ-^êmes.
L’arbre se plante, se sème et se transplante. Il y en a un qui s’appelle tzapotl Il est lisse; son écorce est verte, la feuille ronde, le bois blanc, mou et léger. On en fait des fauteuils. Son fruit ressemble aune grosse pomme; sa surface est verte ou jaunâtre et l’intérieur est blanc et tendre. Le goût en est sucré. Il renferme trois ou quatre noyaux. Il cause de la diarrhée quand on en mange beaucoup. Il y a d’autres tzapotl qu’on appelle cochitzapotl parce qu’ils causent du sommeil. Ils ressemblent au précédent, à cela près qu’ils sont plus petits Il y en a d’autres encore comparables au premier mais qui, sont beaucoup plus grands. Il en est un qu’on appelle atzapotl. Son tronc est lisse et le fruit, qui porte le nom d'atzapotl, est jaune en dehors et en dedans et d’un goût très sucré; sa chair a la consistance du jauned’œuf durci. Ses noyaux sontchâtain foncé.
Il y a un autre arbre de cette espèce q u’on appelle xicotzapotl. Les Espagnols les nomment poiriers sauvages. Le fruit en est très sucré et d’excellent goût. Cet arbre pousse en terre chaude. 11 y en a un autre qu’on nomme totolcuitlatzapoll et qui habite la terre chaude. Le fruit porte le même nom; il est gros, vert en dehors, noir en dedans; il est très sucré et bon à manger. Il y en a un autre qu’on nomme tccotzapotl. Le fruit a la grosseur et la forme d’un cœur de mouton. L’écorce est rugueuse et dure; la chair est rouge, très sucrée et très bonne à manger. Le noyau est noir, très lisse et très luisant. 11 existe un autre arbre de cette espèce, appelé etzapotl. Le fruit porte le nom d'yotzapotl. C’est l’anone, qui renferme un grand nombre de noyaux noirs semblables au haricot. On l’appelle aussi quauhtzapotl.