c’est-à-dire ; « tomate des montagnes [tepetl
2, De tell, pierre, et xoxocoyoUi, oseille (oxalis violácea).
HISTOIRE DES CHOSES
sent entre les feuilles; elles sont fauves, longuettes et un peu arrondies; elles donnent lieu à une graine pareille à celle des blettes. Les fleurs moulues avec les feuilles ont un bon goût. On les fait bouillir dans de l’eau et on les prend en boisson avant de manger. C’est un remède contre la dyssenterie; avec lui les selles durcissent. On l’emploie aussi contre le flux de ventre et le vomissement. C’est bon encore contretes douleurs utérines en le prenant comme on vient de dire. C’est utile au surplus contre la paralysie en en faisant usage en boisson et lotion extérieure. Pour cette maladie, on ne doit point moudre, mais faire cuire ensemble les rameaux et la fleur et laver tout le corps avec cette décoction. Cela fait du bien encore aux gens qui rendent de la matière par les selles. Cette plante a une grosse racine unique avec de petites radicelles qui en sortent; elle n’est bonne à rien. Mais la partie herbacée de la plante est utile à ceux qui ont le ventre enflé. En en buvant une décoction, ils guérissent après avoir expulsé l’humeur malfaisante et s’être ainsi purifiés dans leur intérieur. Elle est salutaire encore contre les fraîcheurs qui, s’étant introduites dans le corps, ycausentdes douleurs partout et des angoisses sur le cœur. Elle croît sur les montagnes et est rare sur les terres tempérées.
Il y a une fleur médicinale qu’on nomme tonacaxochitl ’. Elle est odorante. La plante qui la produit rampe sur la terre et grimpe sur les arbres et les rochers. Ses feuilles sont vertes, longues et larges et les fleurs naissent parmi les feuilles. Celles-ci sont d’un jaune rougeâtre, de la longueur d’un doigt, concaves et un peu velues. Leur odeur est suave. On les moud mélangées avec l’herbe qu’on appelle tlachichinoaxiuitl et, après les avoir délayées dans de l’eau, on en fait usage contre la chaleur intérieure. Elles éclaircissent l’urine. Au surplus, tout le monde — malades ou bien portants — a l’habitude de la boire avec du cacao. Cette plante avec sa fleur croît en terre tempérée, entre les rochers et les arbres.
Il y en a une autre qu’on appelle tlachichinoaxiuitl-. Elle est petite. Ses rameaux sont verts et minces; ses feuilles groupées de trois en trois sont étroites et pointues. On la boit moulue dans de l’eau contre la chaleur de la bouche et de l’estomac. Elle est utile également contre la pourriture des plaies et la gale, sur lesquelles on l’applique. La racine n’est d’aucune utilité. Cette plante croît sur les rochers.
Il y a une autre plante médicinale qu’on nomme tlacoxochitl^ . Elle a la taille un peu haute; les feuilles groupées de deux en deux ou de trois en trois sont vertes, larges, renflées et un peu velues. Les fleurs sont orangées, rondes et concaves ; elles ne font aucun bien. Les racines sont un peu grosses, noires à la surface et blanches intérieurement. Elles sont recouvertes d’une pellicule mince. Leur goût est à la fois amer et douceâtre. Elles sont bonnes contre la chaleur et les défaillances du cœur. Moulues avec une quinzaine de grains de maïs et autant de cacao et délayées dans de l’eau, elles doivent être prises plusieurs fois à jeun ou après avoir mangé. C’est un tempérant. Cette plante croît partout, sur les montagnes et dans les déserts.
1. C’est-à-dire : fleur {xochitl) pour le corps (tonacayotl).