‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 602 sur 704 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

DE LA DIVERSITÉ DES EAUX ET DE PLUSIEURS CUALITÉS DE NATURE DE LA TERRE.

g 1°’. — De l'eau de la mer et des rivières.

Dans ce premier paragraphe il est traité de l’eau de la mer qu’on appelle teoalD, ce qui ne veut pas dire « dieu de l’eau », ni « dieu-eau î, mais bien « eau merveilleuse en profondeur et en étendue ». On l’appelle aussi ilhuicaatl^ ce qui veut dire « eau qui s’est jointe au ciel » ; parce que les anciens habitants de ce pays pensaient que le ciel s’unissait à l’eau sur la mer à la manière d’une maison dont l’eau formerait les murailles servant au ciel de soutien. C’est cette pensée qui faisait appeler la mer ilhuicaatl, comme si l’on disait : eau qui s’est réunie au ciel. Mais aujourd’hui, depuis que ces indigènes ont reçu la foi, ils savent que le ciel ne s’unit ni à l’eau ni à la terre, et c’est pour cela qu’ils nomment la mer uei atl ou nei auecatlan *, ce qui veut dire ; eau grande, redoutable et furieuse, pleine d’écume, de flots et de montagnes liquides : eau amère, salée et mauvaise à boire dans laquelle habitent un grand nombre d’animaux qui sont en mouvement continuel. Ils appellent atoyatl* les grandes rivières. Cela veut dire : eau qui s’en va courant avec rapidité. Les anciens de ce pays disaient que toutes les rivières sortaient d’un endroit appelé Tlalocan, qui est comme paradis terrestre, appartenant au dieu qui se nomme Chalchiuitlicue. Ils disaient aussi que les montagnes qui y prennent leur base sont pleines d’eau au milieu de bords formés de terre, comme si c’étaient de grands vases ou des maisons remplies d’eau. Ces montagnes devraient se rompre lorsque le moment en serait venu, l’eau en sortirait et la terre serait submergée. C’est pour cela qu’ils, avaient pour habitude d’appeler o/íepcfí c’est-à-dire montagne d’eau ou montagne pleine d’eau, les villages ou villes où les hommes résident. Les

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