De aloya, courir, et ail, eau
5. Montagne (lepcll) de l’eau (atl). Le citadin, l’habitant des bourgs était appelé allcpehua, ou aua lepehua, c’est-à-dire celui qui possède l’eau et la montagne. Cela nous permet de supposer avec toute raison que les anciennes populations du Mexique s’établissaient sur des hauteurs, dans les cavernes et auprès des sources.
Mexicains disaient aussi que les rivières sortaient des montagnes et que c’était le dieu Chalchiuitlicue lui-même qui les envoyait. Aujourd’hui qu’ils connaissent la vérité à ce sujet, ils disent que cela se fait par la volonté de Dieu. La mer s’introduit dans les terres par des conduits et circule intérieurement et sous les montagnes. Lorsqu’un chemin se rencontre pour lui faciliter sa sortie, elle s’écoule au dehors, soit à la base des montagnes, soit sur les plaines. Plusieurs ruisseaux se réunissent ensuite et forment les grandes rivières. Si l’eau de la mer est salée, tandis que celle des rivières est douce, c’est parce qu’elle perd son amertume et son sel, en filtrant à travers la terre, les pierres et le sable et qu’elle devient ainsi bonne et douce à boire. De sorte que les grandes rivières procèdent de la mer par des veines secrètes situées sous la terre, et c’est en en sortant qu’elles forment les fontaines et les fleuves.
% 2. — De divers noms de rivières et de sources.
Il y a une rivière qu’on appelle Chiconauatl ‘ ; comme celle de Tolucan et d'autres qui lui ressemblent. Ce nom vient de ce qu’elle procède de neuf fontaines. Il y a une autre rivière en terre chaude, vers Couixco, qu’on appelle Anacotzall. Elle est habitée par des caïmans et par des poissons presque aussi gros que des requins.
Il y en a une autre vers la province des Cuexteca, qu’on appelle Quetzalall *, c’est-à-dire eau comme plumes riches de couleur verte. On l’appelle ainsi parce qu’elle est très claire et ti’ès bonne et qu’elle paraît verte partout où elle est profonde.
Il y a une autre grande rivière qui est sur le chemin de Quauhtemalan, où il y aun grand nombre de caïmans. On l’appelle Tequanatl^., ce qui veut dire i eau où se trouvent des bêtes féroces qui mangent des hommes » : c’est parce qu’elle est habitée par des bêtes féroces. On appelle la rivière de Tidlan, Tullanall* parce qu’elle passe au milieu de la ville. L’eau en est noirâtre; son lit est pierreux, limoneux et glissant. Son courant est impétueux et quelquefois il emporte les gens qui le traversent.
Il y a une rivière appelée Nexatl'^^ c’est-à-dire lessive ou eau qui a filtré par de la cendre. C’est la qualité d’une rivière située entre Uexolzinco et Acapetlauaccm ^ , qui descend de la montagne fumante ou volcan de Popocatepetl. Cette eau qui commence à son sommet procède de la neige fondue et traverse les cendres que le volcan a lancées. Elle s’enfonce près du cratère et sort de nouveau vers la base de la montagne entre Uexotzinco et AcapeÜauacan. J’ai vu moi-même la source et l’endroit où l’eau s’enfonce près des neiges, ainsi que le lieu où elle jaillit de nouveau.
Il y a une autre rivière appelée Totolatl ce qui veut dire « lieu où boivent les