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De lololin, poule, et ail, eau

HISTOIRE DES CHOSES

poules sauvages ». Il y a des rivières qu’on nomme eau prodigieuse parce qu’elle jaillit et coule quelque temps, tandis qu’elle cesse de couler et de jaillir en certaines saisons. J’ai vu deux ruisseaux, l’un entre Uexoizinco et San Salvador et l’autre entre Uexotzinco et Calpan, qui jaillissent en temps de pluie et cessent de jaillir et de couler en temps de sécheresse. 11 y a quelques ruisseaux qui ont leur origine dans une source, et qui tantôt coulent, tantôt s’arrêtent. On dit qu’ils se tarissent lorsque quelqu’un passe près d’eux, parce que la honte de voir du móndeles contient. Aussi les nomme-t-on ^3Înaua/Z c’est-à-dire eau honteuse. Les sources qui jaillissent en plaine portent le nom d'ameyalli ce qui veut dire « eau qui jaillit ». Ce sont des eaux saumâtres, de mauvais goût et de mauvaise odeur. Quelques-unes font du mal et causent des maladies quand on les boit. On appelle æaZaii*, c’est-à-dire eau de sable, les sources qui jaillissent en traversant le sable qu’elles poussent avec elles. Cette eau-là passe pour être fort bonne.

On appelle amanalli* on eaux tranquilles les lagunes et les étangs où croissent les glaïeuls et les joncs, qui n’ont point de courant et se forment des pluies. Acuecuexcatl est une fontaine située près de Coyoacan. On essaya dans les temps passés de l’amener à Mexico pour en alimenter la ville; mais il arriva tant d’eau que la ville en fut inondée en même temps que tous les lieux habités de cette plaine.

Une autre fois, don Gaston de Peralta étant vice-roi, on fit de nouveaux essais pour l’amener à Mexico. On fit de grands frais sans y réussir et l’on y renonça. Le vice-roi don Martin Ilenriquez a pourvu d’eau la capitale en grande abondance, au moyen de la source de Santa-Fé, ainsique nous la voyons en la présente année 1576. Quant à la source qui pourvoyait d’eau la ville de Mexico depuis les temps anciens, on l’appelait Chapidtepec, ce qui veut dire «montagne-sauterelle», parce que cette eau jaillit au pied d’une montagne qui ressemble à une sauterelle. L’eau de cette source est mauvaise et elle ne suffit pas aux besoins de la ville. C’est pour cela que le vice-roi don Martin Henriquez fit fort bien d’amener celle dont nous venons de parler.

Il y a des puits creusés peu profondément dans la terre. Il y suinte de l’eau qu’on puise pour boisson ou pour d’autres usages. Il en est d’autres très profonds qu’on appelle ayoluaztli d’où sort une eau qui est bonne. Les puits qui ne sont pas profonds s’appellent atlacomolli. On donne le nom d'axoxouilli aux dépôts profonds des sources courantes; cela veut dire « eau bleue», parce que sa pureté et sa profondeur la font paraître de cette couleur.

g 3. — Des diverses qualités de terre.

La terre fertile pour les semailles et qui fait pousser en abondance ce qu’on y sème s’appelle atoctli ce qui veut dire « terre qui a été apportée par l’eau ». Elle

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