Près de la maison [calli) des brouillards [aijauiü
.'î. De xiuitl, turquoise, et chimalli, bouclier, avec co, dans, suffixe de noms de lieuj
HISTOIRE DES CHOSES
l’endroit nommé A pazco ' où se trouve un grand puits très profond dont les eaux haussent quand croissent celles de la lagune, tandis qu’elles baissent lorsquecelles-ci diminuent. On prétend qu’on y a trouvé bien souvent le canot dans lequel le petit enfant avait été englouti.
11 y a une autre eau sur laquelle on avait l’habitude de faire des sacrifices; elle est dans la province de Toluca, près du village de Callimayan. C’est une montagne élevée où se trouvent deux sources qui n’ont de courant dans aucune direction. L’eau est très claire et aucun objet ne s’y forme parce qu’elle est très froide. L’une de ces sources est très profonde. On y voit une grande quantité d’offrandes. Il y a neu de temps, des moines étant allé visiter ces sources y découvrirent une offrande fort récente de copal, de papier et de petites nattes, faite peu de temps auparavant et dont les objets se trouvaient dans l’eau. Ce fut en l’année 1570. L’un de ceux qui le virent fut le P. F. Diégo de Mendoza qui était alors gardien du couvent de Mexico et qui me l’a raconté.
11 y a une autre eau, ou source, très claire et très belle à Xochimilco qu’on appelle actuellement Santa- Cruz. Il y avait sous l’eau une idole de pierre à laquelle on offrait du copal. Je la vis et j’entrai sous l’eau pour l’enlever. Je mis à sa place une croix de pierre qui existe encore dans la fontaine.
11 y a bien d’autres eaux et fontaines où l’on faisait des offrandes et où l’on en fait encore aujourd’hui. Il conviendra qu’on y porte son examen pour voir ce qu’il serait opportun d’y faire. Près des montagnes il existe trois ou quatre endroits où les Mexicains avaient l’habitude de faire des sacrifices très solennels, auxquels on venait assister de pays fort lointains. L’un de ces lieux est situé ici même, à Mexico. On y trouve une petite montagne qu’on appe'ait Tepeacac^, que les Espagnols nommèrent Tepeaquüla et qui porte actuellement le nom de Notre-Dame de Guadalupe. Là, existait un temple dédié à la mère des dieux qu’on appelait Tonanlzin, c’est-à-dire notre mère. On y faisait un grand nombre de sacrifices en l’honneur de cette déesse et on l’on y venait de pays fort éloignés, distants de plus de vingt lieues, de tous ces districts de Mexico, en apportant un grand nombre d’offrandes. Des hommes, des femmes, des jeunes garçons et des jeunes filles accouraient assister àces fêtes. L'affluence de monde était considérable dans ces jours-là et tous disaient : Nous allons à la fête de Tonantzin. Aujourd’hui que l’église de Notre-Dame de Guadalupe se trouve édifiée dans ce même lieu, les Indiens l’appellent également Tonantzin, à l’exemple des prédicateurs qui donnent ce nom à Notre Dame, la mère de Dieu. On ne sait pas au juste quelle fut l’origine du sanctuaire primitif érigé en l’honneur de Tonantzin; mais ce qui est certain c’est que cette expression dérive de cette première fondation en l’honneur de Tonantzin l’ancienne. C’est donc une chose à laquelle on devrait porter remède, parce que le nom véritable de Notre Dame, mère de Dieu, n’est pas Tonantzin, mais bien IHeu et nantzin. Cela ressemble à une invention satanique qui a pour but de dissimuler l’idolâtrie sous le voile d’une équivoque reposant sur le mot tonantzin. On vient aujourd’hui de fort loin visiter la tonantzin actuelle autant qu’on y venait autrefois. Cette dévotion est fort suspecte, attendu que partout il y a un