C’est-à-dire : forêt [quauhlla) de l’enfer {micllan
« nouvelle certaine. » Leurs canots avancèrent à force de rames et, lorsque ccs personnages arrivèrent près des navires et aperçurent les Espagnols, ils baisèrent les proues des vaisseaux en signe d’adoration, pensant que c’était le dieu Quetzalcoatl qui revenait, car ils étaient dans l’attente de son retour, ainsi qu’on le voit dans l’histoire de cette divinité.
Incontinent, les Espagnols leur adressèrent la parole, leur demandant : « Qui êtes-vous? D’où venez-vous? De quel pays êtes-vous? » Les gens qui étaien dans les canoas répondirent ; « Nous venons de Mexico. — S’il est vrai que vous soyez Mexicains, repartirent les Espagnols, dites-nous comment s’appelle le roi de Mexico? — Messeigneurs, son nom est Moteuhçoma. » Ils présentèrent aussitôt les mantas riches dont ils étaient porteurs à celui qui faisait fonction de général sur les navires et qui était, dit-on, Grijalva. De leur côté les Espagnols donnèrent aux Indiens des verroteries vertes et jaunes, dont ceux-ci furent émerveillés, les tenant en haute estime. Les étrangers prirent ensuite congé des Indiens en disant qu’ils s’en retournaient en Castille et que bientôt ils reviendraient au Mexique. Les Indiens revinrent à terre et partirent sans retard pour Mexico, où ils arrivèrent en un jour et une nuit, pour donner à Moteuhçoma la nouvelle de ce qu’ils venaient de voir. Ils lui apportaient les verroteries que les Espagnols leur avaient données et ils lui dirent ; « Seigneur, nous sommes dignes ft de mort; écoutez ce que nous avons vu et ce que nous avons fait. Vous nous « avez mis en vigie sur les bords de la mer; or, nous avons vu sur les flots des « dieux que nous sommes allés recevoir; nous leur avons fait offrande de plusieurs « montas riches, et voici des verroteries qu’ils nous ont données en disant ; « s’il est vrai que vous soyez Mexicains, voilà des verroteries ; donnez-les à « Moteuhçoma pour qu’il nous connaisse. » Ils dirent ensuite tout ce qui était arrivé quand ils étaient avec eux sur les navires. Moteuhçoma leur répondit : « Vous revenez fatigués; allez vous reposer; c’est en secret que je viens de « vous entendre, et je veux que vous ne disiez rien de ce qui vient d’ar- « river. »