‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 624 sur 704 · LE PALAIS IMPÉRIAL POUR SE RENDRE A SA MAISON PARTICULIÈRE · texte numérisé non relu

LE PALAIS IMPÉRIAL POUR SE RENDRE A SA MAISON PARTICULIÈRE

Moteuhçoma tenait pour certain que les Espagnols devaient régner sur le pays. Ainsi pensait-il par suite de ce qu’il entendait dire des Espagnols et des prophéties anciennes et modernes existant parmi les Mexicains. Il sortit donc de ses palais royaux et il s’en fut aux maisons qui lui appartenaient avant qu’il fût roi ou empereur. En partant de* la côte pour gagner l’intérieur des terres, les Espagnols emmenaient avec eux, pour leur montrer le chemin, un Indien de distinction appelé Tlacochcalcatl que les premiers navires de la découverte avaient pris autrefois dans cette même province et que Fernand Cortès avait ramené avec lui. Il savait déjà quelque peu la langue espagnole, et il était, conjointement avec Marina, l’interprète du capitaine. Ils se servirent de lui pour guide dès lors qu’ils arrivèrent à la province de Tccoac, pays de Tlaxcala, en route vers Mexico. Là se trouvaient les Otomi et les gens armés qui gardaient la frontière des Tlascaltèques. Ils se montrèrent hostiles aux Espagnols qui leur livrèrent bataille. Les gens à cheval en massacrèrent beaucoup avec leurs lances-, les arquebusiers et les soldats d’arbalète tuèrent aussi un grand nombre d’indiens, de sorte qu’ils défirent complètement l’armée qui s’opposait à leur marche, et ceux qui restaient sains et saufs prirent la fuite.

Les Espagnols s’emparèrent de la ville, firent leur butin de tout ce qu’ils trouvèrent, et ils ruinèrent de même tous les premiers centres de population qui s’offrirent à leur passage. Lorsque les habitants de Tlaxcala apprirent ce qui était arrivé à leurs guerriers et aux Otomi ils en furent stupéfaits et saisis de crainte. Ils se réunirent en conseil et mirent en question s’ils marcheraient contre les Espagnols ou s’ils les recevraient pacifiquement parmi eux. Ils se disaient : « Nous savons à quel point les Otomi sont de vaillants guerriers et combattent « avec vigueur-, ils ont cependant été défaits; leur résistance a été sans résultat; « tout s’est évanoui en un clin d’œil. Que pourrions-nous donc faire nous-mêmes? « Le mieux sera que nous recevions en paix ces étrangers et les prenions pour alliés. « Il est préférable d’en agir ainsi, au lieu de nous exposer à perdre tout notre « monde.» Les gens de Tlaxcala résolurent donc d’accueillir pacifiquement les Espagnols et de les prendre pour alliés. Les caciques du lieu et les gens de distinction partirent à leur rencontre accompagnés d’un grand nombre de porteurs chargés de'toute espèce de choses à manger. En arrivant, ils saluèrent amicalement Fernand Cortès qui leur demanda; « D’où êtes-vous, vous autres?» Ils répondirent: « Nous sommes de la ville de Tlaxcala et nous venons vous recevoir, parce que

O nous nous réjouissons de votre arrivée; vous voilà dans notre pays, soyez-y les « bienvenus; la contrée où vous êtes est la vôtre; elle s’appelle Quauhteœcallan, » La ville qui actuellement s’appelle Tlaxcala portait le nom de Texcallan *•

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