‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 632 sur 704 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

DE LA MANIÈRE DONT LES ESPAGNOLS ENTRÈRENT DANS LES MAISONS PARTICULIÈRES

DE Moteuhçoma et de ce qui s’y passa.

Après qu’ils eurent fait tout ce qu’on vient de dire, les Espagnols firent en sorte de savoir où était l’appartement intime de Moteuhçoma, et celui-ci les conduisit à sa chambre appelée totocalco^, ce qui veut dire « la maison des oiseaux ». Les Espagnols marchaient très joyeux en pensant qu’ils allaient y trouver beaucoup d’or. Etant arrivés, ils s’empressèrent d’enlever toute la garde-robe de Moteuhçoma, consistant, en un grand nombre de joyaux d’or et d’argent et de pierres précieuses, des tissus en plumes, qu’ils mirent au milieu de la cour pour que leurs alliés s’en emparassent. Aussitôt après, le capitaine Fernand Cortès fit transmettre ses ordres au moyen de Marina, son interprète ; c’était une Indienne qui savait les langues castillane et mexicaine et qui fut prise dans le Yucatan. Elle éleva la voix pour appeler les tecuhtles et les piles mexicains afin qu’ils apportassent aux Espagnols les provisions de bouche nécessaires. Mais personne n’osait se présenter devant eux et s’en approcher ; tous étaient craintifs et pris de frayeur. Ils envoyaient tout ce qu’il fallait pour la nourriture, mais ceux qui en étaient porteurs arrivaient en tremblant; ils déposaient les provisions et s’en allaient presque aussitôt en fuyant.

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