APRÈS AVOIR VAINCU PAM PHILO DE NARVAEZ
REVENAIT SUR MEXICO AVEC BEAUCOUP d’AUTRES ESPAGNOLS RÉCEMMENT ARRIVÉS.
Les choses en étant au point que nous venons de dire, vint la nouvelle que le capitaine Fernand Cortès arrivait à grandes journées avec beaucoup d’Espagnols et d’indiens de Cempoallan et de Tlaæcala, armés en guerre ' . Les Mexicains convinrent entre eux de se tenir cachés et de ne sortir aucunement pour aller à leur rencontre ni en paix ni en guerre. Les Espagnols accompagnés de leurs alliés s’en furent droit au quartier où se trouvaient leurs compatriotes, tandis que les Mexicains se tenaient cachés hors de vue, dans le but de donner à entendre que ce n’étaient pas eux qui avaient commencé les hostilités. Le général étant entré aux maisons royales avec tout son monde, on tira des coups de canon avec toute l’artillerie en signe de joie pour les nouveaux venus et afin d’effrayer l’ennemi. Mais les Mexicains n’en commencèrent pas moins à se montrer, à pousser des cris et à recommencer le combat en lançant des flèches et des dards. Les Espagnols y répondirent avec leurs flèches et leurs armes à feu. Un grand nombre de Mexicains y périrent, car les Espagnols tiraient à coup sûr. Pas une décharge ne restait sans effet et sans porter la mort parmi les ennemis. Ceux-ci, s’étant aperçus des ravages que les Espagnols faisaient dans leurs rangs, commencèrent à serpenter dans leurs mouvements et à se mettre de côté pour échapper aux canons. Ils avaient fait durer le combat quatre jours autour des maisons royales où se tenaient les Espagnols. Après ce temps les capitaines mexicains choisirent un grand nombre de vieux soldats très braves et montèrent avec eux sur un temple qui était le plus rapproché des maisons royales. Ils y transportèrent deux grandes poutres, dans le but de les lancer sur les maisons royales et de les effondrer afin qu’il fût possible d’y pénétrer. Les Espagnols s’en étant aperçus se mirent à monter au temple en bon ordre, armés de leurs escopettes et de leurs arbalètes.
Ils montèrent d’abord lentement en lâchant leurs flèches et leurs coups de feu sur ceux qui étaient au sommet. Chaque colonne était composée de façon qu’après un escopettier venait un soldat d’épée et de rondache suivi d’un hallebardier. Ils montaient dans cet ordre pendant que ceux d’en haut lançaient leurs madriers par les degrés du temple. Mais les Espagnols n’en reçurent aucun dommage. Ils arrivèrent au haut du temple et là ils se mirent à massacrer ceux qui s’y trouvaient. Plusieurs Indiens se précipitaient d’eux-mêmes du haut en bas du temple, et, finalement, tous ceux d’entre eux qui y étaient montés moururent. Les Espagnols s’en retournèrent à leurs retranchements et s’y fortifièrent très bien. Les
1. De cempoallî, vingt, uni à tlan, suffixe de nom de Heu; ville située au sud-ouest de Vera-Cruz.
HISTOIRE DES CHOSES
Mexicains inhumèrent les morts, car ils appartenaient tous à la classe élevée et à la catégorie des guerriers de distinction.