CHAPITRE IX
TI.AXOCIllMACO.
On appelait le neuvième mois tlaxochimaco '. Le premier jour de ce mois, on faisait une fête en l’honneur de Uitzilopochtli, dieu de la guerre. On lui offrait les premières fleurs de l’année.
La nuit avant cette fête, tout le monde s’occupait à tuer des poules et des chiens, à faire des tamalli et autres choses bonnes à manger. Bientôt, aux premières lueurs du jour de la fête, les satrapes des idoles ornaient de fleurs la statue de Uitzilopochtli. On parait les inniges des autres dieux de guirlandes et de colliers de fleurs ; on faisait de même avec toutes les autres idoles des calpidli et des telpochcalli^. Les calpixque, les personnages principaux et les mace/ma/¿¿ ® paraient de fleurs les statues qui se trouvaient dans leurs maisons. Ces préparatifs étant faits, on commençait à manger les mets préparés pendant lanuitprécédente,et,peu de temps après le repas, on entreprenait une danse pour laquelle les hommes nobles se mêlaient aux femmes,
1. Impersounel signifiant; «on présente des fleurs»; de xochitl, fleurs, et maca, donner; c’était, en effet, le moment où l’on couvrait tout de fleurs. Les habitants de Tlaxcala appelaient ce mois micailhuüzinlli, la petite fête des morts; du verbe miqiti, mourir, et ilhuitzinlli, diminutif de üliuitl, fête.
2. « Maison des jeunes gens » ; de lelpochtli, garçon, et calli, maison. C’était là qu’on élevait les enfants auxquels on confiait divers soins pour les cérémonies religieuses.
3. Vassal, roturier, serviteur, sujet; substantif verbal venant de maceua, rechercher, désirer, faire pénitence. Il est difficile de bien préciser la signification de ce mot tnaceualli; toutefois on peut assurer qu’il marque la dépendance d’une personne à l’égard d’une autre. Ainsi, les conquérants espagnols disaient aux Indiens : inique in pipillolonlin ca can amomaceualpohuan, ces petits enfants sont Indiens ou sont soumis comme vous.
les prenaient par la main, ou même s’en rapprochaient davantage et les tenaient embrassées en leur passant le bras sur le cou. On ne faisait pas là les mouvements habituels de Vareyto, mais on marchait pas à pas, au son des musiciens et des chanteurs qui se tenaient debout, à peu de distance, au pied d’un autel arrondi appelé mo~ moztli *. On chantait ainsi jusqu’à la nuit, non-seulement dans la cour des temples, mais encore dans les maisons des hauts personnages et des macehualli, ia.ndis que les vieillards, hommes et femmes, s’abreuvaient de pulque; mais les jeunes gens en étaient privés, et, si quelqu’un se permettait d’en boire, on le châtiait durement.