CHAPITRE XXIX
DE I.A PESTE DE PETITE VÉROLE QUI ATTAQUA LES INDIENS APRÈS QUE LES ESPAGNOLS FURENT SORTIS DE MEXICO.
Avant que les Espagnols, qui se trouvaient à Tlaxcala, revinssent faire la conquête de Mexico, une grande peste de petite vérole attaqua tous les Indiens, au mois de tepeilhuitl qui commence à la fin de septembre. Un grand nombre de natifs furent victimes de cette épidémie. Ils avaient le corps, la figure et tous les membres couverts et perforés de pustules, à ce point qu’ils ne pouvaient changer de place ni se tourner d’un côté à l'autre, et si quelqu’un voulait les mouvoir, ils poussaient des cris. Ce fléau fit périr une quantité innombrable de gens. Plusieurs moururent de faim, parce qu’il n’y avait personne pour préparer à manger. Parmi ceux qui échappèrent à la maladie, quelques-uns eurent les yeux crevés et tous en sortirent avec des trous à la figure. Le mal dura soixante jours dans toute sa force et lorsqu’il commençait à diminuer à Mexico il attaqua la ville de Chalco. Lorsque l’épidémie fut finie dans la capitale, les Espagnols qui déjà étaient à Tetzcuco s’en approchèrent, abandonnant la lagune et venant par Quauhtillan jusqu' k Tlacopan où ils se partagèrent en divers corps qui furent occuper des postes différents. Le chemin qui va de Tlacopan à Tlatclulco échut à don Pedro de Alvarado. Le capitaine Fernand Cortès s’installa à Coyoacan et se chargea de la route qui va de Coyoacan à Mexico. Les combats commencèrent d’abord du côté du Tlatclulco en un point appelé Nextlatilco L Les Espagnols arrivèrent en combattant jusqu’à l’endroit nommé Nonoalco, où se trouve actuellement l’église de San Miguel. Ils se retirèrent ensuite sans avoir gagné dans cette escarmouche. Le capitaine Fernand Cortès, de son côté, attaqua les Mexicains par le chemin qu’on appelle Acachinanco. Les Mexicains faisaient partout une résistance opiniâtre.