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CHAPITRE XXXV

COMMENT LES MEXICAINS PRIRENT D’aUTRES ESPAGNOLS AU MOINS AU NOMBRE DE CINQUANTE-TROIS

ET PLUSIEURS ALLIÉS TLASCALTÈQUES , TEZCUCANS , CHALCAS ET XOCHIMILCAINS , QUI FURENT TOUS SACRIFIÉS AUX IDOLES.

Une bataille acharnée s’engagea dans cette journée. Les Mexicains se ruant sur l’ennemi comme des hommes ivres firent prisonniers un grand nombre de Tlascaltèques, de Chalcas et de Tezcucans et en tuèrent un très grand nombre. Ils précipitèrent en même temps dans les tranchées les Espagnols et le reste de leurs alliés. Comme d’ailleurs la chaussée était devenue si boueuse qu’il était impossible d’y marcher, les Mexicains réussirent à s’emparer de plusieurs Espa-

1. C’est-à-dire : dans l’enceinte [tenamitl) en métal [leputztli).

gnols qu’ils traînèrent après eux. Ils s’emparèrent aussi d’un drapeau castillan dans l’endroit où se trouve maintenant bâtie l’église de San Martin. Ils poursuivirent les Espagnols en fuite jusqu’au quartier de Coloacalonco où les vaincus se réfugièrent. Les Indiens regagnèrent leurs campements emmenant en procession leurs captifs avec les mains liées. Les Espagnols marchaient les premiers ; les Tlascaltèques venaient ensuite et après eux le reste des Indiens captifs. On les amena au temple de Momozco' où on leur donna la mort en leur arrachant le cœifr. Les Espagnols furent les premiers sacrifiés, et ensuite tous les Indiens alliés. Après les avoir tués on mit leurs têtes devant les idoles sur des pieux qui leur entraient par les tempes, en prenant soin d’élever davantage celles des Espagnols, un peu moins celles des Indiens et moins encore les têtes des chevaux. Cinquantetrois Espagnols et quatre chevaux moururent dans cette bataille. Et cependant, les hostilités continuèrent sur la lagune. Les gens des canoas se tuaient les uns les autres et au surplus la famine et les maladies faisaient grand ravage chez les Mexicains parce qu’ils étaient obligés de boire de l’eau de la lagune et de manger des reptiles, des lézards et des rats, aucune provision ne pouvant entrer dans la ville, car les Espagnols entourant les Mexicains de tous côtés leur fermaient peu à peu toutes les issues.

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