CHAPITRE XV
PANQUETZAUZTLI.
On appelait le quinzième mois panquetzaliztli. On y faisait des fêtes à Uitzilopochlli, dieu de la guerre. Mais auparavant les satrapes des idoles jeûnaient pendant quarante jours. Ils faisaient d’autres dures pénitences, comme, par exemple, en allant cueillir, à minuit, absolument nus, des branches sur la montagne.
Le second jour de ce mois, ils commençaient tous un areyto en chantant les cantiques de Uitzilopochtli dans la cour de son temple. Les hommes et les femmes dansaient ensemble depuis l’après-midi jusqu’à dix heures du soir. Ces chants et ces danses duraient vingt jours.
Au neuvième jour du mois, ils préparaient en grande cérémonie ceux qui devaient mourir, en les peignant de différentes couleurs et en les ornant d’un grand nombre de papiers. On faisait avec eux enfin un areyto dans lequel les hommes et les femmes se partageaient en couples pour se livrer au chant et à la danse.
Au seizième jour du mois, les maîtres des esclaves commençaient à jeûner. Au dix-neuvième jour, on se prenait à danser, hommes et femmes se tenant par la main et formant une figure en serpentant. Des vieillards, placés dans la cour du temple, chantaient et jouaient des instruments pendant que les autres dansaient.
Après un grand nombre de cérémonies faites par ceux qui devaient mourir, un prêtre revêtu des ornements du dieu Paynal descendait du temple de Uitzilopochtli et tuait quatre de ces esclaves dans le jeu de paume appelé teotlachtli'^ qui était situé dans la cour. Ils partaient, après cela, pour faire une course autour de la ville, s’arrêtant en certains points pour y tuer un esclave; et, d’autre part, deux groupes se formaient, en venaient aux mains et il y avait toujours quelques victimes dans l’escarmouche.
Après beaucoup de cérémonies, ils en arrivaient enfin à tuer des captifs et plusieurs esclaves dans le temple de Uitzilopochtli. L’un d’eux étant mort, les instruments se mettaient à jouer; lorsque la musique cessait, on en prenait un second que l’on tuait à son tour, pour recommencer le concert immédiatement après, et l’on continuait à en agir ainsi jusqu’à ce qu’il n’y eût plus de victimes. Lorsqu’on
1. « Jeu divin ou sacré », parce qu’il avait lieu dans le temple même; de teoll, dieu, et llachUi, jeu de balle ou de ballon. L’emplacement du jeu s’appelait teotlachco.
HISTOIRE DES CHOSES
avait achevé le sacrifice de ces pauvres gens, on recommençait à chanter, à danser et à boire, et ainsi finissait la fête.