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CHAPITRE XVIII

IZCALLI.

Ce mois-ci portait le nom à’izcalU^. On y célébrait une fête au dieu du feu appelé Xiuhtecutli ou Ixcoçauhqui. On faisait en son honneur comme une image de feu d’artifice, d’où paraissaient émaner des flammes, et tous les quatre ans dans cette fête on tuait des captifs et des esclaves en l’honneur du dieu. On y perçait les oreilles des enfants qui étaient nés dans cet intervalle, après leur avoir donné des parrains et des marraines. Le dixième jour de ce mois, on faisait du feu nouveau, à minuit, devant l’image de Xiuhtecutli, très soigneusement parée, et on en allumait plusieurs foyers. Le jour étant venu, on voyait arriver des jeunes hommes et des enfants apportant divers animaux qu’ils avaient pris à la chasse, — gibier d’eau et gibier de terre, — et ils les olfraient aux vieillards préposés à la garde de ce dieu. Alors ceux-ci lançaient au feu tous ces animaux pour les faire rôtir, donnant à chacun de ceux qui les avaient apportés un tamalli fait avec des blettes et qu’on appelle uauhquiltamalli^. Le peuple entier en faisait des offrandes ce jour-là et en mangeait en l’honneur de la fête. On les mangeait très chauds, et l’on buvait au milieu de grandes réjouissances.

Dans les années ordinaires, on ne tuait personne à cette fête ; mais, les années bissextiles, qui revenaient tous les quatre ans, on y sacrifiait des captifs et des esclaves devant l’image de Xiuhtecutli, parée, comme j’ai déjà dit, d’un grand nombre de précieux ornements. La mort de ces victimes était accompagnée de grandes et nombreuses cérémonies, beaucoup plus que dans toutes les autres fêtes déjà mentionnées, ainsi qu’on le verra dans l’histoire qui les décrit.

Après qu’on avait donné la mort à ces esclaves et captifs et même à l’image à’ Ixcoçauhqui, dieu du feu, tous les grands personnages, tous

1. « Voici la maison », et, suivant quelques auteurs, « résurrection, croissance» ou « retour de la chaleur ». Clavigero fait commencer ce mois le 1" février.

2. De uauhquüitl, blette, sarjette, et tamalli, pain de maïs,

les seigneurs, les personnes distinguées et l’empereur lui-même , somptueusement vêtus et couverts de riches parures, commençaient un areyto grave et solennel netecuüotiliztli\ ce qui \eut dire

areyio des grands seigneurs. Cela se faisait seulement tous les quatre ans dans cette fête. Le même jour, de grand matin, avant qu’il fît clair, on s’occupait de trouer les oreilles des enfants, garçons et fillettes, et on leur mettait sur la tête un bonnet fait de plumes de perroquets prises ensemble au moyen de Vocolzotl, qui est la résine du pin.

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