Un cerf ». Voy. livre IV, chap. ni
image en son temple; on lui offrait à manger en lui adressant des chants et en jouant des instruments en sa présence. On plaçait une grande jarre de pulque dans la cour du temple; on la remplissait jusqu’au bord, et quiconque en avait le désir allait y boire. Les échansons avaient des coupes pour l’usage et ils prenaient soin d’ajouter du pulque à mesure du besoin, de façon que la jarre lut toujours pleine. Ceux qui se chargeaient de ce soin étaient les gens qui venaient de faire nouvellement la taille du maguey. Ils portaient à la case de ce dieu les prémices de la première sève qu’ils en retiraient.
5“ Au signe appelé ce xochitl *, à la première journée, il était fait une grande fête par les premiers personnages et les grands seigneurs. Ils dansaient et chantaient en l’honneur de ce signe, et ils se livraient à d’autres réjouissances, après avoir pris soin de s’orner de leurs plus riches plumages pour leur areyto. En cette fête le roi répandait ses grâces sur les hommes de guerre, les musiciens et les gens du palais.
6* Dans le signe de ce acatl^, à la première journée, les grands seigneurs et principaux personnages faisaient une grande fête à Quetzalcoatl, le dieu des vents. Cette fête était célébrée dans le 'premier édifice appelé calmecac^ dans lequel demeuraient les satrapes des idoles et où des enfants recevaient leur éducation. En cet établissement qui était comparable à un monastère se trouvait la statue de Quetzalcoatl. On la revêtait ce jour-là de riches ornements et on faisait devant elle l’offrande de parfums et de choses à manger. On disait que c’était là le signe du Quetzalcoatl.
7“ Dans le signe de ce miquizlli’', en la première journée, les grands seigneurs et personnages faisaient une grande fête à Tezcatlipoca qui était le grand dieu. On disait que ce signe lui appartenait. Comme tout le monde avait un oratoire dans sa maison avec l’image de ce dieu parmi beaucoup d’autres, on prenait soin de bien soigner en ce jour cette image. On lui offrait des parfums, des fleurs et des choses à manger, et l’on sacrifiait devant cette idole des cailles auxquelles on arrachait la tête. Tout cela n’était pas seulement fait par les grands seigneurs, mais aussi par tous ceux auxquels il était donné connaissance de cette fête, et cela se pratiquait également dans tous les calpulli et dans tous les temples. Tous priaient, tous demandaient à ce dieu des grâces, puisqu’il était tout-puissant.
1. « Une fleur •. C’est le 4’ signe en astrologie judiciaire. Voy. livre IV, chap. vu.
2. « Un roseau ». C’est le 5' signe en astrologie judiciaire. Voy. livre IV, chap. vin et XXXI.
3. Établissement d’instruction pour la jeunesse aristocratique. Le mot est composé de calli, maison, et de mecall, corde, au figuré liguée, généalogie, avec le suflee c.
4. • Une mort ». C’est le 6* signe en astrologie judiciaire. Voy. livre IV, chap. ix.
8“ Dans le signe de ce quiauitl\ à la première journée, on faisait une fête aux déesses Ciuapipillin. C’étaient, disait-on, les femmes qui étaient mortes de leur première couche. On croyait qu’elles étaient devenues déesses, qu’elles vivaient dans la case du soleil et que, sous l’empire de ce signe, elles descendaient sur terre pour infliger certaines maladies à tous ceux qu’elles rencontraient hors de leur domicile. On avait élevé des oratoires en l’honneur de ces déesses dans tous les quartiers; on les appelait ciuateocalli ou bien ciicateopan^, Dans ces oratoires se tenaient les statues de ces déesses, qu’on couvrait ce jour-là d’ornements en papier, appelés amateteuitlK C’est à leur fête que l’on tuait en leur honneur les gens condamnés à mort pour quelque délit et qui se trouvaient en prison.
9*> Dans ce même signe de ce quiauül, à la quatrième journée appelée nauhecatl‘‘ à cause de sa mauvaise fortune, on tuait les malfaiteurs qui étaient en prison. Le roi avait la superstition d’y faire sacrifier quelques esclaves. Les marchands et les négociants affichaient et vantaient les joyaux qu’ils mettaient en vente, les exposant au grand jour pour que tout le monde les vît, et, la nuit étant venue, ils mangeaient et se livraient à la boisson. Ils se pavanaient alors sous les fleurs, fumaient leurs tubes parfumés et, s’asseyant sur leurs sièges, chacun commençait à se vanter des gains qu’il avait faits, des pays lointains où il était parvenu, et il parlait des autres avec mépris, disant qu’ils valaient peu de chose, qu’ils étaient moins riches et qu’ils n’avaient pas été en pays aussi lointains. Ils faisaient ainsi grand bruit les uns et les autres jusqu’à une heure avancée de la nuit.
10“ Dans le signe de ce mallinalli'^, en la seconde journée du nom d’owe coati, on faisait grande fête, parce qu’on prétendait que ce signe appartenait à Tezcatlipoca. On y faisait l’image à^Omacatl et quiconque avait de la dévotion la faisait porter à sa maison pour en être béni et obtenir la multiplication de son bien. Mais une fois installée, celui qui la tenait ne voulait plus la lâcher, jusqu’à ce que fût revenu le même signe, et alors il rapportait l’image là où il l’avait prise.
11® Dans le signe de ce tecpatl*, en la première journée, on sor-
1. a Une pluie ». C’est le 7' signe en astrologie judiciaire. Voy. livre IV, chap. xi.