De ciuall, femme, et leocalli ou leopan, temple
3. De amatl papier, teleu, dieux. Peut-être devrait-on lire amateieulli, le papier étant ordinairement enduit d'ulli ou gomme.
4. « Quatre vents < ; de naui, en composition nauh, quatre, et ecall, vent. On dit aussi sans composition naui ecall ou eecatl.
5. De malina, tordre ; nom d’une plante rampante. C’est le 8® signe en astrologie judiciaire, représenté par une feuille de palmier, ployée à son extrémité et posée sur un maxillaire qui paraît être une mâchoire d’homme (Fabrégat). Voy. livre IV, chap. xv.
6. « Un silex ». C’est le 10* signe en astrologie judiciaire. Voy. livre IV, chap. xxi.
tait tous les ornements de Uilzilopochtli, on les nettoyait, les secouait et les exposait au soleil, en disant que c’était là le signe de Uilzilopochtli, autrement dit Camaxtli. Cela se pratiquait aussi par les Tlaxcaltèques. En ce jour, on exposait un grand nombre de mets bien préparés, ainsi qu’ils se font chez les grands seigneurs, et tout cela se plaçait devant l’image du dieu. Après que ces mets étaient restés là quelques instants, les préposés au service de Uitzilopochtli les prenaient, les partageaient entre eux et les mangeaient. Ils encensaient ensuite l’image et lui faisaient l’oiïrande de cailles, auxquelles on coupait la tête pour que le sang se répandit aux pieds de l’idole. Le roi venait aussi lui faire l’offrande des plus belles Heurs, que l’on soigne pour l'usage des grands seigneurs.
12<’ Dans le signe ce oçomallU, on disait que les déesses Ciuapipiltin descendaient sur la terre et frappaient les enfants de paralysie. Si quelque enfant tombait malade en ces circonstances, on disait que c’étaient elles qui en étaient la cause et que le petit malade les avait re ncontrées sur sa route. Aussi les pères et les mères prenaient-ils soM de ne point laisser sortir leurs fils de la maison, afin qu’ils ne *1 nt pas exposés à croiser ces déesses, dont on avait grand’peur.
13’ üii disait que le signe appelé ce itzcuintli^ était le signe du feu.
( »n y faisait une grande fête en l’honneur de Xiuhtecutli, dieu du feu, à rui Ton offrait beaucoup de copal et un grand nombre de cailles. On revêtait son image de papiers de différentes formes et d’ornements d’une glande richesse. Parmi les gens riches et puissants, on faisait dans l’intérieur des maisons une grande fête et des banquets en l’bonnaur du dieu du feu. C’est sous ce signe que se faisait l’élection des l'ois et des consuls, qu’on célébrait dans le quatrième temple par des banque! s, des aceptos et des libéralités. C’est au sortir de ces fêtes que les guerres contre les ennemis étaient proclamées.
14’ Dans le signe de ce ail \ au premier temple, on faisait une fête à 1.1 d'-.:sse de l’eau appelée Chalchiuhtlicue. Elle était célébrée par tous ct'ix qui prenaient l’eau pour base de leur trafic, soit en la vendant, soit en se livrant à la pêche, soit en s’occupant à toutes productions venant de l’eau. Tous ces gens-là ornaient sa statue et lui adressaient des offrandes et des adorations dans la maison appelée calpulli,
15“ Les grands seigneurs, les personnages de la noblesse et les marchands riches, à la naissance d’un de leurs enfants, portaient la
1. • Un singe «. C’est le 11' signe en astrologie judiciaire. Voy. livre IV, chap. xxii.
2. « Un chien ». C’est le 14° signe en astrologie judiciaire. Voy. livre IV, chap. xxv.
3. " Une eau ». C’est le 17' signe en astrologie judiciaire. Voy. livre IV, chap. xxx.
HISTOIRE DES CHOSES
plus grande attention sur le signe, le jour et l’heure dans lesquels ils naissaient. Ils allaient immédiatement en informer les astrologues judiciaires et s’enquérir de la bonne ou mauvaise fortune de celui qui venait de naître. Si le signe du moment de la naissance était réputé prospère, on baptisait l’enfant sans retard. Si au contraire le signe passait pour adverse, on choisissait la plus favorable des journées de ce signe pour y baptiser le nouveau-né. On conviait les parents et les amis à honorer cette cérémonie de leur présence. On donnait à boire et à manger à tous les assistants, ainsi qu’aux enfants de tout le quartier. On baptisait assez généralement l’enfant chez son père, au lever du soleil. C’était l’accoucheuse qui faisait cette opération en récitant un grand nombre de prières et faisant beaucoup de cérémonies sur le corps du nouveau-né. Encore aujourd’hui, ils imitent cette même fête pour les baptêmes de leurs enfants, en ce qui regarde les invitations aussi bien que les repas et libations qui les accompagnent.
16° Lorsque les pères voyaient que leur fils était en âge de se marier, ils avaient coutume de lui dire qu’on voulait lui cherche et il répondait en leur rendant grâces pour le soin qu’ils v prendre. Aussitôt on parlait au principal de l’établissement o sait l’éducation des jeunes hommes (on lui donnait le nom de tlalo'), et ils lui disaient l’intention qu’ils avaient de mai Fils, le priant de l’avoir pour agréable. On l’invitait à un banq propos, en compagnie de tous les jeunes gens dont il était char lui adressaient une allocution, après que lui et tous ses élèves Pmi de manger. En commençant leur discours ils plaçaient de une hache à couper du bois, qui avait pour but d’indiquer jeune homme prenait congé de ses camarades, parce qu’on le marier. Après quoi le telpochtlato s’en allait satisfait. Tout ce a t fini, les parents choisissaient la femme qu’ils lui devaient de i ils faisaient appeler les honorables vieilles qui avaient miss ; .'agencer les mariages, pour qu’elles pussent en parler aux pai :s de la jeune femme. Celles-ci renouvelaient deux ou trois fois la anarche, faisant leurs ouvertures et venant transmettre les réponses. Pendant ce temps, les parents de la jeune personne entraient en conseil et, après avoir consenti, ils donnaient le oui aux courtières du mariage. Ces pourparlers étant terminés, on se mettait à la recherche d’un jour convenablement placé dans un signe des mieux conditionnés, comme acatl, oçomatli, cipactli et quauhtli. Le choix de quelqu’un de ces signes étant fait par les parents du jeune homme, ils annon-
1. «Qui instruit, harangue les jeunes gens»; pluriel telpochllatoque, de telpochtli. garçon, et Üatoa, parler, discourir.
çaient aux père et mère de la jeune fille le jour de la célébration du mariage. Aussitôt ils se mettaient en devoir de préparer tout ce qui correspondait à la noce : le manger et le boire, ainsi que les étoffes, les tubes à fumer et bien d'autres choses. Cela fait, on invitait au mariage les principaux personnages et toutes autres personnes dont on désirait l’assistance. Les invitations finies, après un grand nombre de pourparlers et de formalités remplies, on venait de la maison du jeune marié pendant la nuit pour prendre la future épouse. Lile était placée sur les épaules d’une matrone et on l’emportait d’une manière solennelle en la faisant précéder de deux rangées de torches allumées. Elle était escortée devant et derrière par une grande quantité de monde jusqu’à ce qu’on arrivât à ta maison des parents du futur. Là, on plaçait les jeunes époux devant un foyer qu’on avait coutume de tenir allumé au milieu d’une grande salle; la jeune femme se tenait à la gauche de son futur époux. Aussitôt la mère du jeune homme revêtait sa belle-fille d’un péplum très élégant et plaçait à ses pieds des jupons très bien brodés ; tandis que la mère de la jeune fille couvrait son gendre d’un superbe manteau, qu’elle nouait sur une épaule, et plaçait à ses pieds un maxtli bien ouvragé. Cela étant terminé, des vieilles femmes, connues sous le nom de nouaient un coin du
manteau du jeune homme avec les pans du péplum de la jeune fille et l’acte du mariage se trouvait ainsi complété. On y ajoutait ensuite la for;nalité de banquets, de boissons et de bal, ainsi qu’on le verra (|uund nous détaillerons le cérémonial du mariage.
i! y avait deux autres fêtes qui étaient en partie fixes et en partie mooiles : mobiles, parce qu’elles se faisaient par intervalle de quelques années; l’une d’elles se célébrait de quatre en quatre, et l’autre, de nuit en huit années. Elles étaient fixes, parce qu’elles avaient leur année, leur mois et leur jour signalés. Dans celle qui se faisait tous les([uatre ans on perçait les oreilles aux petits garçons et aux fillettes, et on leur frisait les cheveux en les soumettant à la chaleur. Pour ce qui était de la fête célébrée tous les huit ans, on la faisait précéder d’un jeûne de huit jours, au pain et à l’eau; on faisait un areylo dans lequel on se travestissait en grands personnages, en oiseaux ou autres animaux, en disant qu’on était à la recherche d’un heureux sort, ainsique c’est expliqué dans l’appendice du second livre.
Il y avait des années où ces fêtes mobiles prenaient la place de celles du calendrier, comme cela arrive du reste parmi nous.
1. Pluriel de licill, médecin, nécromancien. Ici ce sont les matrones qui présidaient aux cérémonies du mariage. Voy. liv. VI, cliap. xxiii.