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CHAPITRE XX

DE LA FÊTE ET DES SACRIFICES QUI ÉTAIENT FAITS DANS LES CALENDES DU PREMIER MOIS APPELÉ atlcaualo ou quauitl eloa.

Il n’est pas nécessaire que, dans ce second livre, je m’évertue à démontrer l’indignité des cérémonies idolàtriques qui s’y trouvent décrites, parce qu’elles apparaissent par elles-mêmes si cruelles et si inhumaines, qu’il suffit de les entendre pour en éprouver de l’horreur et de l’épouvante. Je ne ferai par conséquent pas autre chose que rapporter simplement et à la lettre ce qui se passait.

Dans les premières calendes du premier mois de l’année, nommé quauitl eloa et que les Mexicains appelaient atlcaualo, dont le commencement avait lieu le 2 février, les Indiens faisaient une grande fête en l’honneur des dieux de l’eau ou de la pluie appelés Tlaloque. Pour cette fête, ils cherchaient beaucoup d’enfants à la mamelle qu’ils achetaient à leurs mères. Ils choisissaient de préférence ceux qui portaient deux remous de cheveux sur la tête et qui étaient nés sous un bon signe. Ils prétendaient qu’ils formaient un plus agréable sacrifice pour ces dieux, afin d’en obtenir de la pluie en temps opportun. On les allait tuer sur des montagnes élevées que par vœu on avait choisies pour l’offrande. A quelques-uns d’entre eux on arrachait le cœur sur ces montagnes; à d’autres c’était en certains points de la lagune de Mexico. Un de ces points s’appelait Tepetzinco, monticule bien connu dans ce lac ; pour d’autres on faisait choix d’une élévation différente de la lagune appelée Tepepulco'-. Quelques-uns étaient sacrifiés sur le trou absorbant de Pantitlan. On tuait un bien grand nombre d’enfants chaque année sur les lieux que je viens de dire, et après leur avoir donné la mort, on les faisait cuire et on les mangeait.

En cette même fête, dans toutes les maisons et dans tous les palais, on élevait de grands mâts à l’extrémité desquels on plaçait des papiers peints de uUi, qu’ils appelaient amateteuitl. Cela se faisait en l’honneur des dieux de l’eau. Les endroits où l’on tuait les enfants sont les suivants : le premier s’appelle QuauhtepetP, c’est une sierra élevée non loin de Tlatelolco. On donnait aux enfants qui y étaient sacrifiés le nom même de la montagne. On les revêtait de papiers teints en rouge. On appelait YoaltecatP la seconde montagne sur la-

1. et Sur la grande montagne », par opposition au peñón de Tepetzinco, c’est-à-dire sur la petite montagne.

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