De eplli, perle, et coati, serpent
5. De eplli, perles, nepaniuhqui, jointes; adjectif verbal tiré de nepanoa.
6. « Serviteur ». Bustamante fait dériver de cocoll le nom de cocoles que l’on donne aujourd’hui aux enfants de chœur de l’église métropolitaine à Mexico.
7. C’est-à-dire Chalco sur le bord de l’eau; de atentli, rive, avec le suffixe eo, sur.
8. « Lieu où l’on puise de l’eau «; de allacui, prendre de l’eau; aujourd’hui Tacubaya.
HISTOIRE DES CHOSES
l’on passait, ceux qui voyaient ce spectacle versaient des larmes. Quand on arrivait à un oratoire placé près de Tepetzinco, vers l’occident, auquel on donnait le nom de Toçocan on tenait ces petits êtres en veille pendant une nuit entière et les prêtres des idoles leur chantaient des chansons pour empêcher qu’ils s’endormissent. Lorsqu’on se mettait définitivement en route pour se rendre au lieu du sacrifice, si les enfants pleuraient et versaient des larmes abondantes, ceux qui en étaient témoins s’en réjouissaient en disant que c’était un signe de pluie très prochaine. S’ils rencontraient un hydropique en chemin, ils en auguraient très mal et prétendaient que ces geiis-là empêcheraient l’eau de tomber. Si quelque ministre du temple, des quaquacuiUin et des vieillards s’en retournaient chez eux sans arriver aux lieux où l’on tuait les enfants, on les tenait pour infâmes, indignes d’occuper aucun poste public, et désormais on les appelait mocauhque ^ c’est-àdire abandonnés. On pronostiquait la pluie et les gelées de l’année par le passage de quelques oiseaux et par leurs chants.
On commettait encore une autre cruauté dans cette fête : tous les captifs étaient amenés au temple nommé Yopico, du dieu Tolec. Après plusieurs exercices dévots, on attachait chacun d’eux sur une pierre semblable à une pierre de meule, de façon que la corde leur permît d’arriver à la circonférence. On les armait d’une épée en bois, sans fil durci, et d’une rondache, et on les munissait d’un morceau de bois de pin propre à être lancé à l’adversaire. Ceux-là mêmes qui les avaient réduits en captivité se présentaient armés d’épées et rondadles pour les combattre. Après les avoir abattus, on les amenait au lieu du sacrifice, on les couchait sur une pierre de trois ou quatre empans de haut, large partout d’un empan et demi, qu’on appelle lechcall^. Deux hommes les prenaient par les pieds, deux autres du côté de la tête et un prêtre leur enfonçait d’un seul coup dans la poitrine un couteau d’obsidienne et, mettant la main dans l’ouverture, il leur arrachait le cœur, qu’il offrait au soleil et à tous les dieux, en se tournant alternativement vers les quatre points cardinaux. Cela étant fait, on lançait par les degrés du temple le corps qui roulait de secousse en secousse du haut jusqu’en bas oîi son maître s’en emparait, et, après l’avoir mis en morceaux, en faisait le partage pour qu’on le fît cuire et qu’on le mangeât.
1 . « Lieu où l’on veille » ; du verbe loroa, veiller, uni au suffixe can.
2. Pluriel de mocauhqui dérivant de caua, laisser, prétérit cauh.
3. Pierrede sacrifice} mot sans doute formé de leci, immoler, broyer sur une pierre (ícíí).
DE r,A NOUVELLE-ESPAGNE.
EXCLAMATION DE l’aDTEUR.
Je ne crois pas qu’il puisse y avoir un cœur assez dur pour ne pas ressentir de l’horreur et de l’épouvante et ne pas verser des pleurs en entendant une cruauté si inhumaine, plus que féroce et d’inspiration vraiment diabolique, telle qu’on vient de la lire plus haut. C’est certainement chose lamentable et horrible de voir que notre nature humaine en soit arrivée à tomber si bas dans la dégradation et l’opprobre, que des pères, obéissant aux inspirations du démon, tuassent et mangeassent leurs propres enfants, sans penser qu’ils se rendissent coupables d’aucune otfense, mais croyant au contraire qu’ils devenaient agréables à leurs dieux. La cause de ce cruel aveuglement, dont ces pauvres enfants étaient victimes, ne doit pas précisément être imputée aux inspirations naturelles de leurs pères, qui versaient des pleurs abondants et se livraient à cette pratique la douleur dans l’àme ; on doit plutôt y voir la main haineuse et barbare de Satan, notre sempiternel ennemi, lequel employait toute sa maligne ruse pour les pousser à cet acte infernal. 0 Seigneur Dieu ! vengez-nous de ce cruel ennemi qui nous fait tant de mal et nous en désire encore davantage. Enlevez-lui, Seigneur , tout pouvoir de nuire !